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Fusions-acquisitions: à qui le tour?

Fusions-acquisitions: à qui le tour?

(Easybourse.com) Ces dernières semaines, une vague inédite d'opérations de fusion-acquisition a déferlé sur la bourse de Paris. Des télécoms à l'industrie en passant par les services informatiques, les rapprochements entre rivaux ont été aussi soudains que spectaculaires. 2014 sera-t-elle l'année des fusions acquisitions ? Quels sont les secteurs et valeurs à surveiller ? Réponses de plusieurs experts.

Interview de Didier Roman

Interview

Didier Roman
Gérant
Tocqueville Finance

Très peu actif ces dernières années, le marché des fusions acquisitions s’est brusquement réveillé en 2014 avec le retour à de meilleures perspectives dans la zone euro. Au premier trimestre, le montant des fusions-acquisitions a atteint 600 milliards de dollars au niveau mondial, en hausse de 33% sur un an, d’après les données de la société spécialisée Mergermarket. La France est à la pointe du mouvement avec quelques 40 milliards de dollars de « deals » annoncés sur les trois premiers mois de l’année, un chiffre en hausse de 150% par rapport au premier trimestre 2013.

« C’est plus le fruit du hasard qu’autre chose », estime Hervé Mangin, gérant du fonds Axa Europe Opportunités spécialisé dans les fusions-acquisitions. « Certaines opérations ont pour objet de diminuer l’exposition à la France ou à l’Europe, comme la vente de SFR par Vivendi ou le rapprochement entre Holcim et Lafarge ». Mais le retour des grandes opérations de fusions-acquisitions est aussi un signe d’embellie de la conjoncture européenne. « C’est un signe très positif. Cela signifie quel les industriels reprennent goût à l’initiative. Ils ont assaini leurs bilans et sont à la recherche de nouveaux relais de croissance », indique Didier Roman, gérant chez Tocqueville Finance. Certains groupes disposent de liquidités abondantes après avoir réduit leurs coûts et s’être désendettés pendant la crise. D’autres ressortent fragilisés et ont besoin de se rapprocher de leurs concurrents. Tout cela plaide pour une vague massive de consolidation. Le contexte est d’autant plus favorable que la BCE continue à abreuver le marché de liquidités, permettant aux banques de financer des opérations de grande envergure. « Cela fait des années que l’on attend cette vague de fusions-acquisitions. Aujourd’hui les conditions sont enfin réunies », relève Mathieu Dubicq de SPGP. « Il y a une fenêtre d’opportunité liée aux conditions de financement très attractives qui pourraient durer encore 12 à 18 mois », ajoute-t-il.

Pharma, informatique, télécoms : les secteurs « chauds »

Le mouvement devrait donc se poursuivre et pourrait même se généraliser. « En 2013 le retour des M&A (ndlr : mergers & acquisitions) a concerné quasi exclusivement le secteur des télecoms. Il a l’air désormais de s’élargir à d’autres secteurs, notamment la pharmacie où l’on pensait que l’ère des grands deals était révolue suite au faible succès des grands deals opérés il y a 10-15 ans », précise Hervé Mangin. L’approche d’Astrazeneca par Pfizer, les échanges d’actifs entre Novartis et Glaxo, l’intérêt d’un activiste et de Valeant Pharmaceuticals pour le fabricant de Botox, Allergan, illustrent cette nouvelle fièvre acheteuse dans le secteur de la santé. Les prochaines cibles européennes pourraient être le britannique Shire, le suisse Actelion ou encore le belge UCB. Sans compter les nombreuses biotech, en France notamment, qui suscitent toujours les convoitises des grands laboratoires.

Le secteur des télécoms est lui aussi à surveiller de près. « Maintenant que SFR a été racheté par Numéricable, il faut s’attendre à ce que le marché passe de 4 à 3 acheteurs avec Bouygues Télecom paraissant être le prochain actif à consolider », indique Hervé Mangin. Un rapprochement des deux frères ennemis Bouygues et Free est le scénario privilégié par les analystes. D’autres opérations sont envisagées, parmi lesquelles une offre de l’américain ATT sur le britannique Vodafone, mais aussi un rachat de l’espagnol Jazztel par Orange (ex France Telecom) voire un rapprochement de ce dernier avec Deutsche Telekom. « Orange doit bouger, il a besoin de faire des acquisitions », souligne Mathieu Dubicq. Confronté à une baisse de ses ventes en France, l’opérateur historique pourrait aller chercher sa croissance à l’étranger.

Les OPA amicales davantage prisées

L’heure est à la consolidation également dans le secteur des services informatiques. « Le rapprochement de Steria et Sopra pourrait en appeler d’autres. On attend déjà la mise sur le marché de l’activité paiement d’Atos, qui pourrait par ailleurs procéder à des opérations de croissance externe maintenant que l’intégration de SIS est terminée », souligne Hervé Mangin. Atos reste par ailleurs en embuscade sur Steria bien que son offre de rachat ait été rejetée par ce dernier. « A l’image des opérateurs télécoms, les sociétés de services informatiques ont besoin de retrouver du ‘pricing power’, analyse Didier Roman (Tocqueville). Le meilleur moyen pour cela est de racheter la concurrence ». Altran, Alten, Aubay et Devoteam figurent parmi les cibles potentielles dans ce secteur, ajoute Société Générale.

Les sociétés les plus fragilisées par la crise sont évidemment des proies, pour peu que les acquéreurs croient en leur potentiel de redressement. Dans cette optique, certains champions nationaux comme Alcatel-Lucent, Blackberry ou encore Commerzbank pourraient susciter l’intérêt de leurs concurrents. Ainsi tous les secteurs ou presque sont concernés par ce retour des OPA, qui devrait soutenir la hausse des marchés. Cependant ces opérations peuvent être source de désillusions pour les actionnaires. « Il vaut mieux être du côté de la proie que du prédateur », rappelle Didier Roman. Surtout si l’acquéreur, perçu comme hostile, doit batailler pour parvenir à ses fins. « Les opérations amicales sont davantage prisées et ceci de façon très juste car elles permettent une meilleure intégration qui est la clé de la création de valeur dans les opérations externes », appuie Hervé Mangin.


François Schott

Publié le 30 Avril 2014

Derniers commentairesAccès aux forums

30.10.36.S a dit:

Fusions-acquisitions: à qui le tour?

Très peu actif ces dernières années, le marché des fusions acquisitio...

Pour ceux qui sont de la vieille école ,quand la Bourse se limitait à des titres que l'on négociait "à la corbeille " ,on ne se préoccupait pas de ce qui était en amont. Aujourd'hui , la Bourse va plus en profondeur avec fusions-acquisitions de plus en plus fréquentes .Faut-il s'en réjouir ? La question n'est pas là car ces opérations se feront dans tous les cas .En revanche ,ces nouvelles opérations ont une incidence sur le cours du titre ,qu'il soit proie ou prédateur .Ce qui intéresse les "boursicoteurs ",c'est l'information assez tôt pour prendre les mesures qui s'imposent. Que les spécialistes nous éclairent le plus tôt possible pour prendre nos décisions .

potologue a dit:

Es que les fusion peuvent être un mal pour les consommateur?

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