Deinove poursuit ses recherches
(Easybourse.com) Créée en 2006 et introduite sur Alternext en avril 2010, Deinove, «greentech» spécialisée dans les bactéries déinocoques appliquées à la production de biocarburants, à la chimie verte et aux antibiotiques, a dévoilé les résultats de son 1er semestre 2011, faisant notamment état d'une perte nette de 1,2 million d'euros. Une perte qui cache des avancées scientifiques majeures...
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Interview
Jacques Biton
Directeur général
Deinove
Principes scientifiques de base
Optimiser la production de biocarburants à partir de toute biomasse, en particulier non alimentaire : telle est l’objectif ambitieux de Deinove. Pour y parvenir, la société basée à Paris, mais dont le centre de recherche se trouve dans la pépinière d’entreprises Cap Alpha, près de Montpellier, mise sur une piste encore inexplorée jusqu’ici par les fabricants de bioéthanol : les bactéries.
Optimiser la production de biocarburants à partir de toute biomasse, en particulier non alimentaire : telle est l’objectif ambitieux de Deinove 
Actuellement en effet, la production d’éthanol se fait par l’emploi de levure de bière. Le procédé reste encore coûteux, peu rentable (70% seulement de la matière première est transformée en éthanol), et ne permet pas l’usage de la biomasse non alimentaire.
Poursuites des avancées scientifiques
Les dirigeants de Deinove, dont le PDG Jacques Biton, également ingénieur en biochimie et docteur-ingénieur en Génie Enzymatique, pensent avoir trouvé dans les déinocoques la solution à tous ces problèmes, étant donnée leur capacité à extraire et métaboliser le carbone de la biomasse -notamment les déchets végétaux non valorisés- pour fabriquer de l’éthanol.
Les chercheurs de Deinove se sont donc focalisés sur l’identification, la collecte et l’optimisation des déinocoques afin d’améliorer encore le procédé.
Les résultats semestriels 2011 de la biotech s'apprécient au regard des avancées scientifiques des différents programmes de R&D 
Ce dernier a donc franchi sur la période une nouvelle étape clé dans son développement, se traduisant par le versement d'une aide de 1,6 million d'euros par l’agence française de l’innovation, Oséo.
En dehors de Deinol -qui emploie environ 70% des ressources du groupe-, Deinove a confirmé la poursuite de deux autres programmes: les antibiotiques et la chimie verte. Le groupe a également signalé avoir obtenu un brevet fondateur auprès de l'Office Européen des Brevets, que la direction considère être "la pierre angulaire de la protection industrielle et de la 'boîte à outils' génétique de la société".
Financer la R&D: le nerf de la guerre
Détenteur de sept brevets internationaux, les découvertes de Deinove dans la bioproduction d’éthanol ont déjà attiré les soutiens attentifs d'Oséo, mais également ceux du sucrier français n°2 européen de la betterave, Tereos qui est aussi l’un des acteurs mondiaux de la production de bioéthanol. Ce projet étalé sur 4 ans, qui cible un marché estimé à 38 milliards de dollars en 2009, devrait coûter pas moins de 21 millions d’euros.
Pour l'heure, la direction du groupe a précisé qu'au 1er semestre, Deinove "a dépensé 2,2 millions d'euros de frais opérationnels", en progression de 90% par rapport à la même période un an plus tôt. Il s'agit, à 80%, de frais liés à l'accélération des programmes de R&D. Dans le détail, rappelle Deinove, 30% de ces dépenses sont réalisées en externe, notamment dans le cadre de partenariats noués avec le VTT finlandais, le CNRS et l'INSA de Toulouse.
Le projet Deinol, étalé sur 4 ans, qui cible un marché estimé à 38 milliards de dollars en 2009, devrait coûter 21 millions d’euros 
Deinove a par ailleurs confirmé vouloir nouer prochainement de nouveaux partenariats, à partir de 2012 pour les sociétés du secteur pétrolier, plus tôt dans le cadre des projets sur les antibiotiques et sur la chimie verte.
Pour mémoire, Jacques Biton indiquait en 2010 que «la sortie majeure pour une société comme Deinove, c’est soit de grossir [pour] devenir une plateforme technologique qui va céder des licences, soit, dans un horizon moyen, d’être rachetée par un grand groupe, avec une importante plus-value.»
A Paris, le titre prend 1,56% à 9,09 euros vers 14h.
Nicolas Sandanassamy
Publié le 16 Septembre 2011







