A première vue, les résultats 2012 de STMicroelectronics auraient dû faire peur aux investisseurs. Le chiffre d'affaires du numéro un européen des semi-conducteurs a reculé de 12,8% l’année dernière, à 8,49 milliards de dollars, faisant plonger ses comptes dans le rouge. En réalité, l’essentiel de la perte annoncée – 1,16 milliard de dollars- est due aux dépréciations d’actifs supportés par le groupe sur sa filiale ST-Ericsson.

Or, STMicroelectronics a confirmé mercredi qu’il entendait « sortir » de cette coentreprise d’ici le troisième trimestre 2013 et alléger ainsi sa « base de coûts ». Parallèlement, il entend développer ses activités principales (automobile, industrie, high tech) qui devraient connaître un « léger » rebond en 2013. « ST perçoit les premiers signes d'une reprise modérée du marché, ce qui devrait encourager les investisseurs », commentent les analystes de Société Générale, qui restent à l'achat sur la valeur avec un objectif de 9,1 dollars (environ 6,7 euros).

Le titre a gagné 4,7% vendredi au lendemain d’une hausse de 3,5%, signant l’une des trois plus fortes hausses de la semaine sur le CAC40.

Le groupe devrait faire mieux que le marché en 2013


Parmi les motifs de satisfaction en 2012, les nouveaux produits comme les détecteurs de mouvement pour téléphones portables, dont STMicro est l’un des principaux fournisseurs au monde, « dopent les activités principales », souligne
Société Générale.

De même, UBS a relevé ce matin ses objectifs de résultat opérationnel sur le groupe afin de tenir compte de la vitalité de ses activités « cœur ». S’il maintient son opinion 'neutre' sur ST, le bureau d’études porte son objectif de cours de 5,2 à 6,3 euros. D’autres avis positifs ont soutenu la hausse du titre ces deux derniers jours. Parmi eux, Natixis est repassé à l'achat et BofA Merrill Lynch a relevé son objectif de 7,10 à 7,60 euros. Tous soulignent les perspectives plus favorables en 2013 du marché des semi-conducteurs.

STMicro estime qu’il devrait surperformer son marché en 2013 et table sur une génération de cash « significative » en 2014. Reste à savoir combien va lui coûter son désengagement de ST-Ericsson, à la fois en termes de chiffre d’affaires et de coût de restructuration. Si UBS reste prudent à ce sujet, Société Générale estime que les risques sont limités et conseille de s’intéresser à nouveau au dossier.