L’Italie connaît aujourd’hui une paralysie politique à la suite des dernières élections législatives. Le parti du centre gauche n’ayant pas obtenu la majorité au sein du Sénat et ayant eu une majorité étroite au sein de la Chambre des députés, peut difficilement prétendre composer un gouvernement sans s’allier à un des deux partis populistes, le parti de Silvio Berlusconi ou de Beppe Grillo.

Plusieurs questions ont alors été posées à Mario Draghi quant à sa vision de la situation.

« La situation actuelle que connaît l’Italie est la conséquence pure et simple de  l’application de la loi de la démocratie. La zone euro se compose de 17 pays membres qui connaissent 34 cycles électifs tous les trois à quatre ans » a commencé par observer Mario Draghi.

« Nous avons eu une première phase de panique sur les marchés puis ces derniers ont fini par se calmer. La contagion entre les différents compartiments de la dette a été bien plus modérée qu’il y a 18 mois » s’est-il ensuite empressé de constater.

« L’ajustement budgétaire italien a été largement initié. Il est aujourd’hui en mode pilotage automatique. Le pays doit émettre cette année 30 milliards d’euros de titres de dette dans un environnement caractérisé par un certain rétablissement de la confiance vis-à-vis de la zone euro » a-t-il enfin rassuré.

Et en cas de dérapage ?

Certes la situation italienne n’est pas grave à ce jour, tel est l’avis de la plupart des experts sur le sujet.

Cependant en cas de blocage persistant, le marché pourrait perdre patience et se mettre à attaquer de manière bien plus agressive la dette italienne.

Si tel était le cas, l’incapacité affichée par les autorités à persister dans la voie des réformes ne serait-elle pas un obstacle, le cas échéant, à toute intervention de la BCE par le biais d’opérations de rachat de titres de dette en vue de limiter la remontée des taux obligataires italiens et d’endiguer la contagion d’un nouvel épisode dans la crise de la dette de la zone euro ?

L’activation de ces opérations, dites OMT (Outright monetary transactions), requière le respect d’un certain nombre de conditions. Parmi celles-ci, figure l'établissement d'une feuille de route de réformes budgétaires et structurelles en vue de garantir l’assainissement des finances publiques.

« Ce n’est pas à la BCE de modifier les critères à remplir pour permettre la réalisation de ces opérations. C’est aux gouvernements de faire en sorte de répondre à ces critères. La balle est dans le camp des Etats » signale alors Mario Draghi.

L’Italie comme tous les autres pays de la zone euro se doit de continuer à adopter et à mettre en oeuvre les réformes requises. « C’est là une condition sine qua non pour maintenir la crédibilité des efforts qui ont déjà été fournis. C’est une condition indispensable pour maintenir le taux d’emprunt à un niveau raisonnable, ne pas asphyxier la croissance et ne pas accentuer le taux de chômage. C’est la voie vertueuse à emprunter ».