Dominique Vilbois
PDG d'ECA
Il n'y a pas de signes avant-coureurs de la part d’Airbus concernant de nouveaux décalages de projets
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Publié le 16 Avril 2010
Pourriez-vous nous détailler votre carnet de commandes, qui atteint 148,9 ME ?
Nous avons enregistré une prise de commandes assez exceptionnelle, de 149 millions d’euros, pour l’ensemble de l’année 2009 et qui s’explique par le fait qu’Airbus nous a notifié deux gros contrats : le premier qui a été pris en consortium avec MCE en Allemagne, et Areva TA pour l’équipement des lignes PREFAL de l’A350 XWB, pour un peu plus de 45 ME en tranche ferme ; quant au second contrat, il a été pris par ECA tout seul, et concerne la production de poutres servant au raidissement de la structure de l’A350, pour 18 ME en tranche ferme.
Nous avons par ailleurs bénéficié du volet défense du Plan de relance, avec des notifications de contrats -pour 15 ME environ- que l’on attendait plutôt pour 2010 ou 2011 et qui ont finalement été avancées durant l’été 2009. Nous avons donc démarré 2010 avec un bon carnet de commandes, qui devrait s’écouler sur trois ans.
Votre groupe a publié ses résultats 2009, faisant notamment état d’un chiffre d'affaires de 95,6 ME en croissance de 7,9% par rapport à 2008, d’un résultat opérationnel courant en croissance de 21% à 10,8 ME, et un résultat net de 7,4 ME, soit une marge nette en hausse à 7,7%. Quel commentaire vous inspirent ces résultats ?
Concernant le CA, nous avons fait un peu mieux que nos propres prévisions, mais il s’est -concrétisé de manière un peu différente suivant les secteurs : dans le secteur défense, le CA a ainsi progressé de 18%, ce qui s’explique par le fait qu’en 2008, nous avions engrangé plusieurs contrats qui ont été produits en 2009, notamment le contrat pour les kits de protection de véhicules blindés (livrés au premier semestre et déployés en Afghanistan vers septembre-octobre) pour 6 ME ; en revanche sur le secteur civil et aéronautique, le CA a connu une diminution de 5% qui provient essentiellement de nos secteurs compagnies aériennes et simulation terrestre pour des organismes de formation civile (autoécole etc.).
En termes de résultat opérationnel, nous enregistrons une forte croissance, ce qui tient à plusieurs choses : premièrement, nous avions deux filiales en perte en 2008 en raison d’un petit nombre de contrats qui avaient été mal négociés au départ et sur lesquels nous n’avions pas une maitrise totale. Nous les avons donc renégociés ou arrêtés en 2008, ce qui a permis aux filiales en question, ECA SINTERS et ECA EN, de devenir profitables. Deuxièmement, nous avons eu un mix d’activités favorable, avec des contrats intéressants en termes de marge.
Quelles sont vos perspectives chiffrées pour l’exercice 2010 ?
Sur 2010, nous espérons poursuivre notre croissance et notre rentabilité. En termes de commandes, nous sommes partis en début d’année 2010 avec un carnet de 138 ME, qui devrait s’écouler en 2010, 2011 et 2012. Nous avons donc fait une prévision de CA en croissance, à 105 ME…
Une prévision plutôt prudente…
A ce jour, nous n’avons pas décelé de signes avant-coureurs de la part d’Airbus concernant de nouveaux décalages de projets, mais nous restons toutefois prudents à cause de la répartition de ces contrats Airbus sur l’année, avec une partie importante dans les 2-3 derniers mois et qui pourraient être éventuellement décalée début 2011… Nous préférons donc partir avec une prévision prudente à 105 ME, quitte, ensuite, à la réactualiser à des valeurs supérieures dans le courant de l’année.
Et en termes de rentabilité ?
Nous n’avons pas fait d’annonces particulières, mais nous devrions rester sur les mêmes niveaux de rentabilité, autour de 10%, avec des plus ou des moins suivant le mix produits.
Pourriez-vous nous détailler l’acquisition récente de l’américain Triton Imaging ?
Nous nous sommes définis deux principaux critères pour encadrer nos acquisitions : d’abord, donner accès à de nouveaux marchés pour nos produits ; ensuite, acquérir des briques technologiques complémentaires afin de remonter dans la chaine de valeur là où nous avions une position de leadership.
L’acquisition de Triton Imaging répond à ce second critère, puisqu’il s’agit d’une petite société américaine -2 à 3 M$ de CA annuel, 80% de son CA réalisé- hors des Etats-Unis- développant des logiciels de post-traitement de signaux sonars et d’imageries. Cette brique technologique va donc nous permettre de proposer, dans nos offres de drones sous-marins et de navires hydrographiques/océanographiques, une solution complète allant de l’équipement robot/sous-marin jusqu’à l’imagerie et l’exploitation des signaux.
Avec une trésorerie excédentaire de 3,9 millions d’euros, des capitaux propres s’élevant à 46,1 millions et une capacité d’autofinancement à 10,9 millions d’euros, votre situation financière apparaît suffisamment solide pour envisager de nouvelles acquisitions, avez-vous des dossiers à l’étude actuellement ?
Depuis près d’un an, nous avons regardé de manière très précise, en prenant des rendez-vous avec plusieurs sociétés. Nous espérons donc pouvoir réaliser une acquisition cette année, mais les discussions sont toujours en cours pour l’instant.
Propos recueillis par Nicolas Sandanassamy
nicolas

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