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Twitter, un vecteur d'audience intéressant pour les médias ?
(Easybourse.com) Après Google news, You Tube, Wibs.net, c’est à présent au tour de Twitter d’ être exploité par les journaux pour attirer l’internaute et augmenter l’audience de leurs sites internet.
Vous pouvez également consulter l'article : «Twitter, une aubaine et une source de danger pour les marques»
L’exemple des deux journalistes qui ont relaté les débats du procès Clearstream via Twitter permet d’imaginer l’ampleur des enjeux pour les médias à la recherche d’un nouveau business model.
Ils sont depuis le début de l’année de plus en plus nombreux à posséder un compte sur Twitter. Le Monde, L’Express et Le Figaro arrivent les premiers dans le classement avec respectivement 5000 pour le premier et environ 3000 followers pour les deux autres.
Deux types de comptes peuvent être distingués : les comptes officiels des sociétés, et les comptes de journalistes travaillant au sein des rédactions.
Objectif : amener un maximum de trafic sur le site
Pour Guillaume Bournizien, membre du département marketing nouveaux médias du Figaro, «l’objectif est d'amener un maximum de trafic sur le site par le biais d’une stratégie de déportalisation. L’idée étant que demain l'internaute accédera au contenu non pas en allant sur le site, mais en allant sur d'autres services».
C'est donc l'information qui devra aller à l'internaute et non l'inverse.
Plusieurs applications sont alors utilisées. Des Twitts très courts sont rédigés et permettent de basculer sur le site officiel. De nouvelles informations sont générées sur le compte Twitter du journal par le biais de flux RSS. La Tribune est allée jusqu’à s’approprier Twitter à l'intérieur de son site pour conserver son audience.
Un «community manager» est nommé afin d’animer le compte Twitter. Celui-ci sélectionne les informations et vérifie l'information (pour ne pas transmettre des rumeurs non vérifiées et ne pas nuire à la réputation du média). Le «community manager» est généralement un journaliste, sachant gérer l'animation (pour répondre aux internautes qui posent des questions via Twitter), et maitriser les nouvelles technologies (afin de saisir tout l'intérêt de l'outil).
Au-delà de ce «community manager», une équipe de journalistes dédiée à Twitter peut être mise en place afin de produire du contenu avec une ligne éditoriale spécifique comme c’est déjà le cas au Figaro. Twitter est également utilisé pour questionner la communauté de lecteurs sur les dossiers à publier, les thématiques à aborder avec les intervenants dans des talks à l’instar de ce que fait I Télé, ou encore France Soir.
«Twitter est un moyen direct, simple et avec un cout très faible de communiquer avec le journaliste. Il y a une vraie capacité avec Twitter à faire du live. On peut poser des questions au journaliste et celui-ci peut directement y répondre» précise Guillaume Bournizien.
Une veille online proactive
«Twitter est un système d’aiguillage qui reflète les différents aspects de la communication sur le Web» selon Luc Basier, directeur du planning stratégique d’Euro RSCG C&O. Et de ce fait «un pouls qu’il faut appréhender» d'après Xavier Moisant, directeur des Stratégies interactives chez Edelman.
Par le biais d’une série d'applications au contenu dynamique (Twitter Monitor, Twittdek, Twitturly, Twitttabs), Twitter permet de suivre en temps réel les thématiques et enjeux stratégiques phares en rapport avec l’actualité.
Twitter facilite par ailleurs une veille collaborative, une mise en réseau entre membres d’une même équipe avec un verrouillage des comptes pour éviter qu'une personne extérieure puisse avoir accès aux informations échangées et préserver ainsi une certaine confidentialité ; ou encore l’exploitation d’une application « Co Tweet » qui permet d’administrer un compte Tweeter à plusieurs et d’avoir une gestion assez fine avec des indications du type «j’ai déjà traité l’information ou j’ai déjà répondu à cette question».
Le seul souci réside dans le caractère « live » des informations. «Il faut être devant l’outil quasiment en permanence pour collecter les informations, d'autant plus que la mémoire est courte (quatre ou cinq jours maximum). On peut être vite noyé dans les données et ne pas savoir quoi en faire si l’on n’effectue pas un travail de hiérarchisation et de classement» souligne Rudy Cambier, responsable au sein de la société I&E spécialisée dans les relations publiques, et la communication de crise.
Une cannibalisation possible des médias Internet
Le potentiel de développement semble très important. Il existe en effet un véritable fossé entre les médias aux Etats-Unis et ceux en France. CNN a plus de 3 millions de followers.
Et selon New York Times, 10% du trafic du journal provient de Twitter. Nous sommes encore loin du compte ici.
Des questions se posent cependant. Y a-t-il une cannibalisation possible entre Tweeter et les médias internet ? Est-ce que les personnalités, qui peuvent s’exprimer directement via Tweeter vont toujours avoir besoin des sites médias ?
De l’avis de Guillaume Bournizien, Twitter véhicule des informations ultra chaudes et très synthétiques. Des articles plus élaborés avec une certaine réflexion, une certaine logique seront toujours nécessaires.
Par ailleurs «si on peut penser que les personnalités vont davantage utiliser Twitter pour communiquer avec leurs fans sur leur nouvel album ou leur nouveau livre, néanmoins les lecteurs auront toujours besoin d'avoir d’avis critiques, objectifs».
Twitter affiche cependant quelques limites. Le chiffre rendant compte du taux de fidélisation sur Twitter est très faible. Au bout d'un mois 60% des personnes qui ont créé un compte ne reviennent plus. Si on compare à Facebook ou à MySpace, c’est deux ou trois fois plus.
Imen Hazgui
*Les propos des experts ont été recueillis par l'équipe d'Easybourse à l'occasion d’une conférence organisée par l’Echangeur PME - Paris Ile -de-France en partenariat avec l’Adetem (le premier réseau associatif des professionnels du marketing), le vendredi 25 septembre 2009 intitulé «Twitter, vous avez dit Twitter ?».
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