Automobile
13,4 Mds$ du plan Paulson pour l'auto US
La Maison Blanche avait finalement annoncé envisager d'avoir recours au plan Paulson pour soutenir le secteur automobile américain, la situation semble se préciser à présent. Ce vendredi, la Maison Blanche a fait savoir qu'elle comptait puiser une première aide de 13,4 milliards de dollars dans le plan Paulson de 700 milliards de dollars prévu pour soutenir le secteur financier.
Cette première aide serait allouée aux constructeurs automobiles General Motors et Chrysler qui ont averti être au bord de la faillite, tandis que Ford avait indiqué qu'il n'avait pas besoin d'une aide immédiate.
Une deuxième aide pourrait être versée aux constructeurs à hauteur de 4 milliards de dollars en février prochain, sous réserve du déblocage de la deuxième partie des fonds du plan Paulson par le Congrès.
Néanmoins, aucune aide spécifique n'est envisagée dans ce plan pour les compagnies de financement automobile, a précisé un responsable de la Maison Blanche.
'Les compagnies doivent utiliser ces fonds pour devenir viables financièrement', a prévenu la Maison Blanche. Si les entreprises ne sont pas redevenues viables d'ici au 31 mars 2009, elles devront rembourser au Trésor l'ensemble des sommes qui leur ont été avancées.
Ainsi, un ensemble de conditions à remplir par les constructeurs automobiles recevant une aide a été indiqué par la Maison Blanche. Pour être considérés comme viables, les groupes devront afficher une valeur nette d'actifs positive, en incluant l'ensemble de leurs coûts présents et futurs, et être en mesure de rembourser complètement l'aide gouvernementale.
Le versement de ces aides entraînera l'attribution de warrants permettant à l'Etat américain d'obtenir des actions préférentielles, la limitation des primes aux dirigeants, le pouvoir donné au gouvernement de bloquer les transactions supérieures à 100 millions de dollars, et l'interdiction du versement des dividendes tant que les entreprises seront débitrices de l'Etat. Ces mesures avaient été évoquées lors des discussions au Congrès.
D'autres conditions ont été demandées par le Trésor, comme la réduction des deux tiers de l'endettement par une conversion de la dette en capital, le financement du fonds de protection sociale des retraités sous forme d'actions, l'élimination de la disposition qui permet aux salariés en chômage technique de recevoir leur salaire.
Il s'agit aussi de la mise en place de conventions d'entreprises qui permettent aux constructeurs d'être compétitifs avec les usines américaines des constructeurs étrangers d'ici au 31 décembre 2009, et de l'alignement des salaires sur ceux pratiqués par les usines américaines des constructeurs étrangers d'ici au 31 décembre 2009.
Cependant, la Maison Blanche prévient que 'les négociations pourront dévier de ces objectifs quantitatifs pour peu que l'entreprise explique les raisons de ces écarts et justifie qu'elle puisse atteindre une viabilité à long terme en dépit de cette déviation'. Les constructeurs qui recevront cette aide devront aussi signer de nouveaux accords avec leurs partenaires d'affaires, concessionnaires et équipementiers, d'ici au 31 mars.
Chrysler a tout de suite indiqué qu'il acceptait les conditions posées par la Maison Blanche et avait signé une lettre d'engagement en ce sens.
C.L. (avec agences)
Publié le 19 Décembre 2008
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