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Campagne virtuelle pour candidats bien réels


(Easybourse.com) Alors que l’usage des technologies de l’information et de la communication se généralise, la question du rôle d’Internet au sein de l’espace politique occupe une place grandissante. Réseaux de blogs, dons en ligne et autres liens sponsorisés changent inévitablement la donne du débat électoral. Mais la web-campagne a aussi une éthique.

«Avec Sarkozy.fr» versus «Segolène2007» : contre toute attente, c’est peut-être la Toile qui fera pencher la balance d’un côté ou de l’autre lors des prochaines présidentielles, au terme d’un duel acharné entre Sarko et Ségoblogueurs.

«Ségolène Royal gonflée à blog» titrait déjà Le Monde en avril dernier. Il faut dire que la candidate socialiste a su prendre très tôt la mesure des bénéfices du web. Si vous surfez sur myspace, ne vous étonnez pas de tomber sur la page perso de la présidentiable.

Impensable il y a encore une dizaine d’années, cette omniprésence sur le net est devenue peu à peu un gage de modernisme et de popularité pour les candidats. Aucune des grandes formations politiques n’est d’ailleurs absente de la Toile. Ils auraient tort de s’en priver : les Français réservent un accueil enthousiaste aux blogs politiques, qui leur donnent un sentiment de proximité et d’interaction avec les élus.

Le phénomène est d’ailleurs fortement médiatisé : selon un sondage CSA réalisé en octobre pour Radio France, 59% des personnes interrogées (dont 67% des internautes) savent que certaines personnalités politiques ont créé leur blog. Et ça va dans les deux sens : le «cyber-militantisme» est lui aussi en plein boom. Il se traduit par l’émergence de sites ou d’activités en ligne, plus ou moins structurés, destinés au soutien d’un candidat.

Un média à part entière

Si le développement de la politique sur le web n’en est qu’à ses prémices (83% des Français s’informent en priorité via la télévision), Internet est donc déjà devenu un nouvel espace de débat démocratique dans l’esprit des électeurs. Rappelons d’ailleurs que la campagne «en ligne» avait été particulièrement active lors du référendum sur la Constitution européenne en 2005, en particulier pour le «non» qui l’avait finalement emporté.

En 2007, Internet sera pour la première fois un acteur prépondérant de l’élection suprême. La web campagne avait connu ses balbutiements en 2002, la voilà désormais pleinement intégrée à la stratégie de communication des politiques. Certains candidats n’hésitent pas à y consacrer d’importants moyens humains et financiers, avec des équipes pouvant atteindre 6 permanents et des budgets qui s’élèvent jusqu’à 100 000 euros par mois.

Parallèlement, les outils et les techniques disponibles ont sensiblement évolué: publicité en ligne, utilisation des mots-clés, podcasts, blogs, flux RSS, dons ou cotisations en ligne...

Mais sans garde-fous, le web peut facilement accentuer les dérives de la vie politique au lieu de l’enrichir, en particulier lorsque le débat électoral déchaîne les passions.

Une liberté...encadrée

Fixer les règles de la communication électorale sur Internet, c’est justement la tâche accomplie par le Forum des droits sur l'Internet (FDI) en octobre dernier. L’organisme effectuera également un suivi tout au long de la période 2007-2008.

La recommandation entend définir des «usages acceptables» qui tiennent compte du droit électoral d’une part, et de la volonté de moderniser le mode de fonctionnement des campagnes électorales d’autre part. «Le web politique s’inscrit déjà dans le code électoral en vigueur, il n’y a donc pas d’ «e-code électoral» à imaginer», précise le FDI.

L’objectif est plutôt de clarifier les règles, d’interpréter le code électoral et de voir comment il peut s'appliquer aux usages du web.

Evidemment, la question du contrôle du pluralisme effectué dans les médias traditionnels se pose sur Internet. Mais ce dernier bénéficie d’un traitement de faveur. En effet, selon le FDI, cette vérification n’est pas nécessaire sur le web. Motif invoqué : «La grande accessibilité de l’internet et la possibilité d’une expression libre des opinions et pensées sur le réseau est de nature à garantir le pluralisme».

Autre spécificité du nouveau média : il n’y pas de fréquence de passage, pas de découpage horaire, pas de chaînes ou de stations, ni même besoin d'être invité par une émission pour être visible à l'écran. Au vu de toutes ces particularités, le Forum des droits sur l’Internet a tranché : «Le FDI estime que les podcasts audio et vidéo ne doivent pas être comptabilisés dans le temps de parole des candidats».

Paiement sécurisé par carte bancaire

Il y a tout de même des règles immuables définies par le code électoral et propres à l’ensemble des médias. Comme dans la vie réelle, les candidats, les partis et leurs soutiens sont obligés de geler leurs sites à partir de la veille du scrutin à minuit. Avec une étape importante, celle de penser à désamorcer les dispositifs permettant l’envoi automatique d’un message de propagande électorale et neutraliser l’accès aux sondages.

Concernant le financement, le FDI estime qu’il n’est pas contraire à l’esprit de la législation en vigueur d’avoir recours à un site internet de campagne pour solliciter des dons en période électorale. Seule condition : vérifier que les donateurs sont des personnes physiques effectuant un don au moyen de leurs ressources personnelles. En revanche, les candidats ne doivent pas recourir aux procédés de publicité commerciale (liens sponsorisés, liens contextuels, bannières) pour financer leurs sites.

Alors après le don électoral en ligne, à quand le vote en ligne ? L’hypothèse laisse encore une majorité de Français sceptiques : 53% d’entre eux ne se déclarent pas prêts à voter sur Internet, et 40% ne le feraient «certainement pas».

Précisons toutefois que cette réticence ne concerne pas les internautes : ils sont 58% à se déclarer prêts à franchir le cap.

M.L.H.

Publié le 14 Décembre 2006 Copyright © 2006 logo easybourse


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Blogs politiques : qui est responsable ?


L’article 93-3 de la loi du 29 juillet 1982 sur les infractions dites « de presse » est applicable aux blogs et aux sites.

Elle stipule que le directeur de la publication est responsable, même s’il n’est pas l’auteur du texte.

Sur Internet, c’est par conséquent l’éditeur d’un site ou d’un blog qui devra répondre devant la justice de ce qu’il publie. 

Dans certains cas, il pourra même être responsable des commentaires publiés par d’autres sur son blog.

La responsabilité juridique des candidats n’est pas donc nécessairement engagée du fait des messages publiés sur les blogs de soutien.

Le Forum des droits sur l’internet estime en revanche qu’il revient aux candidats et aux partis d’informer clairement leurs militants sur les responsabilités inhérentes à l’expression publique en ligne.

A titre de précaution et en l’absence de jurisprudence, le FDI recommande aux candidats d’intégrer dans leur compte de campagne les dépenses correspondant à leurs sites de soutien, dans le cas où ils disposent de relations étroites avec les éditeurs ou s’ils exercent une forme de «contrôle éditorial» sur le site.

Enfin, il est obligatoire d'accorder un droit de réponse à toute personne nommée ou désignée sur un blog.

Ce droit s’exerce auprès du directeur de la publication ou, en cas d’anonymat, auprès de l’hébergeur dans les trois mois de la publication du message.

La réponse doit être diffusée sous trois jours dans un format équivalent à celui du message initial.

Source : Guide « Politiquement Web »

 

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