Dossier
1422,8 milliards d’euros de placement pour les sociétés d'assurance
Le tassement qui caractérise le secteur des «biens et responsabilités» affecte autant les assurances professionnelles (2,9 %, contre 3,8 % en 2005) que celle des particuliers (1,6 % contre 2,8 % l'année précédente).
Néanmoins, l'évolution globale masque en réalité des tendances très contrastées selon les catégories d'assurance. Si nous observons les grandes branches, on constate que l'assurance automobile a vu son chiffre d'affaires diminuer de 0,4 %. Les secteurs qui ont connu la croissance la plus importante en termes de chiffre d'affaires sont le secteur du bâtiment, l'assurance construction et le multirisque habitation (+5,4 % pour cette dernière branche). La responsabilité civile continue à augmenter de manière significative mais s'inscrit dans une phase de ralentissement.
Le résultat net est en progression de plus de 1,5 milliards d'euros. Ce chiffre représente 5,5 milliards au total, soit 37,5 % des produits financiers détenus par les sociétés d'assurances.
Le ratio combiné net de réassurance au regard de l'ensemble du marché français a franchi pour la première fois depuis longtemps à la baisse le seuil des 100 %. Il est aujourd'hui de 99,6 % et était de 114,3 % en 1999. «Cela illustre le long chemin parcouru par les assureurs pour rétablir les fondamentaux de la gestion technique du risque des assurances dans des conditions soutenables», indique le président de la fédération.
Principaux faits marquants de l'année 2007 : les dépenses contraintes devraient évoluer moins rapidement que le PIB
S’agissant de la croissance de l’ensemble du secteur des biens et responsabilité, une continuité est envisagée par rapport à l'ensemble de l'année 2006, en incluant toutefois un certain ralentissement du secteur du bâtiment. Elle devrait se situer entre 1 et 4 %. Les dépenses contraintes devraient évoluer moins rapidement que le PIB, «ce qui constitue une bonne nouvelle pour le pouvoir d'achat des ménages», souligne Gérard de la Martinière.
Un rythme de placement difficile à suivre pour les professionnels du Private Equity
Les placements sont en augmentation. Ils atteignent 1422,8 milliards d'euros pour l'année 2006, soit une augmentation de138 milliards d'euros.
La majeure partie des investissements concerne des actions (422 milliards d’euros soit 22,5% de l'actif des sociétés et 10,2% de l'ensemble des actions françaises), des obligations (870 milliards d’euros) et des actifs immobiliers (62 milliards d’euros).
La dette publique représente un tiers des placements des sociétés d'assurances. «Cette situation fait des assureurs, par le phénomène des désintermédiations bancaires et le développement des marchéisations, les principaux financeurs du haut de bilan des entreprises», souligne le président de la fédération.
L'engagement des sociétés d'assurances par rapport aux petites et moyennes entreprises d'innovation est en forte croissance. «Alors que l'objectif fixé en 2004 était d'atteindre un niveau d'exposition de 6 milliards d'euros en valeur absolue (sur la base du total des placements fins de l'année 2003) en trois ans dans la perspective d'un objectif de long terme de 2 % de notre base d'actifs, au 31 décembre 2006, nous étions à 18, 4 milliards d'euros d'exposition. Cela représente une part de 1,45 % du total des placements des assureurs à la fin de l'année 2006 et un delta de plus 9,5 % par rapport à décembre 2003. Nous avons donc largement dépassé les objectifs que nous nous étions fixés», déclare Gérard de la Martinière.
Ceci étant, les professionnels du private equity ont du mal à suivre, n'arrivant pas à dépenser en investissement tout l'argent qui leur est confié. «Le stock d'engagement non encore appelé au 30 mars 2007 est en augmentation. Il y a eu 19,8 milliards d'engagements, soit 11 milliards de plus qu’en 2003 et 6 milliards d'engagements non appelés, soit 30 % de l'engagement total des assureurs contre 15% en 2003. Ceci constitue une charge financière croissante pour les professionnels du secteur compte tenu des frais prélevés par les fonds et du rendement des sommes en attente».
Enfin, il faut noter l'accélération des sommes consacrées aux PME : 3,7 milliards d'euros en 2006 contre 3 milliards en 2005 et 1,5 milliards en 2004. «Au total, les assureurs sont aujourd'hui devenus les premiers investisseurs nationaux dans le non coté selon le bilan statistique réalisé par l'association française des investisseurs en capital (AFIC)». Près de 20% des fonds levés en France pour l'investissement dans les PME en 2006 ont été apportés par les assureurs, sans tenir compte de la part de ces derniers dans les fonds de fonds.
Imen Hazgui
Publié le 11 Juillet 2007
Copyright © 2007






Automobile : 17,8 (-0,4%)
Professionnels : de +2% à +4%
Particuliers : de +1% à +3%
