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Le marché automobile


Les 4X4 embourbés sur le sol américain


(Easybourse.com) Les géants de l’automobile ne font plus recette aux Etats-Unis. Lassés de dépenser des fortunes en carburant, les américains se détournent peu à peu de leurs fameux pick-up au profit de véhicules plus modestes. Entre réductions d’effectifs et fermetures d’usines, les constructeurs ne semblent pas avoir encore trouvé de remède miracle.

Les grosses cylindrées vivraient-elles la fin de leur rêve américain ? Toujours est-il que les poids lourds de l’industrie automobile accumulent les pertes, avec General Motors (GM) et Ford en première ligne.

Le constat est sans appel pour les «Big Three» (GM, Ford et Daimler-Chrysler): leur offre ne répond plus aux attentes du marché. Les énormes 4×4 et autres « light trucks » sont en effet pénalisés par la hausse de l'essence. Leurs ventes ont encore reculé de 2,3% en août alors que celles des automobiles traditionnelles ont progressé de 3,1%. L’heure est donc aux promotions, avec une réintroduction du crédit à taux zéro cet été. GM propose notamment plus de 4 500 dollars de remise par véhicule, contre 3 900 pour Ford et 2 600 pour Chrysler.

Ces difficultés entraînent de nouvelles restructurations. Celle de Ford prévoit 30 000 suppressions de postes et 14 fermetures d’usines d’ici à 2012. L’entreprise vient aussi d’annoncer son intention de supprimer 44 000 postes aux Etats-Unis, soit un tiers des effectifs. Ford a déjà enregistré une perte nette d’1,3 milliard de dollars au 1er semestre. Ses ventes de véhicules neufs poursuivent leur dégringolade, plongeant de 12% sur le seul mois d’août. Au total, les usines nord-américaines du groupe devraient fabriquer cette année 9% de véhicules de moins qu’en 2005.

Le deuxième constructeur américain en termes de vente en volume est donc dans la tourmente, au point de revoir à la baisse ses résultats du 2ème trimestre 2006. Alors qu'il avait annoncé le 20 juillet une perte nette trimestrielle de 123 millions de dollars, soit 0,07$ par action, Ford prévoit désormais une perte de 254 millions de dollars (près de 200 millions d'euros), soit 0,14$ par action. Le groupe a également averti les marchés financiers que sa division haut de gamme Premier Automotive Group ne serait pas rentable en 2006, contrairement aux prévisions. Les analystes évoquent d’ailleurs de façon insistante une séparation probable de Jaguar et de Land Rover. Ford pourrait envisager de regrouper les deux marques et de vendre une participation majoritaire à un investisseur financier.

Face à cette débâcle, Bill Ford entend remonter la pente par tous les moyens. Le descendant du mythique fondateur Henry Ford est aujourd’hui critiqué par de nombreux experts qui estiment qu’il n’a pas l’envergure d’un vrai patron. Faisant preuve d’humilité, il envisagerait de confier les rênes de l’entreprise familiale au patron de Renault. Bill Ford aurait ainsi récemment proposé à Carlos Ghosn d’entrer en négociation, en cas d'échec des discussions en cours entre Renault-Nissan et General Motors pour une éventuelle alliance.

Car GM compte lui aussi sur le constructeur français pour sortir de l’ornière. Alors qu’il a déjà supprimé 60% de son effectif au cours des dix dernières années, le numéro 1 mondial vient d’annoncer le départ de 34 000 employés d’ici à janvier 2007. Il s’était pourtant ressaisi au 2ème trimestre : sans les charges liées à sa restructuration, il aurait enregistré un bénéfice d’1,2 milliard de dollars au lieu d’une perte de 3,2 milliards. Mais son PDG Rick Wagoner prévoit des ventes médiocres au cours des 2 prochains mois.

Des rapprochements peu rentables

La situation n’est guère plus brillante chez Daimler-Chrysler, cinquième constructeur mondial. Il vient d’annoncer que sa firme américaine Chrysler pourrait perdre 1,2 milliard d’euros en 2006. Le constructeur tablait pourtant sur un résultat positif en juillet dernier. Avec 12,9% de parts de marché et 10% de chute des ventes entre janvier et août, Chrysler vient de perdre sa 3ème place sur le marché américain au profit de Toyota (15% de parts de marché) qui talonne ainsi Ford (16,8%). Le groupe a diminué de 10% ses prévisions de production au 3ème trimestre. En 1998, la fusion Daimler-Chrysler devait pourtant assurer au nouveau-né un avenir sans nuages…

Est-ce au vu de ce mariage décevant que le partenariat entre Renault-Nissan et General Motors suscite autant de réticences ? Toujours est-il que ce projet est loin de faire l’unanimité, notamment parmi les analystes du secteur. «Monsieur Carlos Ghosn n’est ni « clonable», ni immortel (et je lui souhaite une très longue vie) et tout repose sur son immense talent. Par ailleurs, les « casseroles » financières, industrielles et stratégiques de GM en particulier aux Etats-Unis rendent cette union très périlleuse pour une « alliance » encore adolescente, d’ailleurs Monsieur Ghosn indique clairement qu’il ne fera rien qui pourrait affaiblir Renault-Nissan…», souligne Alain Rizzo, spécialiste de la distribution et du marché automobile.

D’autres rappellent aussi l’échec des alliances précédentes de GM. Le constructeur américain a versé 2 milliards de dollars l'an dernier pour se retirer d'une alliance formée en 2000 avec l'italien Fiat sur le déclin.

Même scepticisme chez les syndicats. La CGT Renault s’inquiète de « l’émergence d’un tel monstre » de l’automobile. Le trio engendrerait en effet un mastodonte produisant plus de 15 millions de véhicules par an et représentant près d'un quart du marché mondial. La société dominerait au moins l'Amérique du Nord, l'Europe et la Chine, soit 3 marchés majeurs de l'automobile.

Le milliardaire américain Kirk Kerkorian, actionnaire de General Motors à 9,9% est à l’origine de ce projet de rapprochement. Renault et Nissan pourraient prendre à parts égales jusqu'à 20 % du capital de GM, soit un investissement de 3 milliard d’euros.

«Les équipes procèdent à l’analyse objective et approfondie des synergies potentielles entre les 3 entreprises», vient d’annoncer Renault, se refusant à tout autre commentaire. Verdict prévu mi-octobre.

D.H

Publié le 29 septembre 2006 Copyright © 2006 logo easybourse


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GM Europe parie sur la Corsa IV


C’est la petite dernière d’Opel. Après Peugeot et Renault qui ont respectivement renouvelé leur 207 et leur Clio, c’est au tour de GM Europe de présenter la Corsa IV dont la livraison doit débuter incessamment. Le géant américain compte beaucoup sur le succès du modèle en France : «», a récemment expliqué Sandro Malatto, le PDG de GM France au cours d’une interview à La Tribune.

Un optimisme qui dénote avec les mauvaises performances du numéro 1 mondial : ses immatriculations ont chuté de 4,4% depuis le début de l’année dans l’Hexagone. Il faut toutefois relativiser ces résultats en précisant que la rentabilité des ventes s’améliore.
 

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