Le marché automobile
Fiat réembraye, VW en pole position en Europe
Après huit ans de traversée du désert, Fiat renoue avec la rentabilité. Pour le seul mois d’août, l’italien est le seul groupe européen qui tire son épingle du jeu (+21% des immatriculations en août en Europe par rapport à août 2005). En glissement annuel, les immatriculations du groupe augmentent de 14,4%, celles de la marque Fiat seule prenant 15,2% et celles d’Alfa Romeo, 16,3%.
Mais ce rebond est à relativiser, premièrement car l’année 2005, qui sert de référent à la statistique, a été faible, et puis cette
«recovery» repose essentiellement sur les performances de la Panda et de la Punto III. D’ailleurs, Luca De Meo, le patron de la marque Fiat, avoue que «seuls ces deux modèles se vendent à plus de 100 000 unités annuelles».
Pour autant, Luca di Montezemolo, le président du groupe italien, s’attend à réaliser des résultats «très positifs» cette année, a-t-il déclaré fin août.
VW triple son résultat net
Le groupe allemand Volkswagen fait également bonne figure côté constructeurs européens. Sur les huit premiers mois de l’année, le leader européen, qui inclut, outre la marque éponyme, les marques Audi, Seat, Skoda, etc., enregistre une hausse de ses immatriculations de 5,9% en Europe (2,09 millions, contre 1,97 millions en août 2005), selon l’Acea.

Cette performance financière, une fois les éléments exceptionnels écartés (la cession du loueur Europcar pour 800 millions au fonds d’investissement Eurazeo contrebalancée par les 995 millions d’euros de charges pour restructuration), doit beaucoup à la réussite de sa marque haut de gamme Audi, avec un record semestriel de ventes à 463 500 unités – elle a affiché un bénéfice semestriel avant impôts en hausse de 30% et un profit net qui progresse de 35,7%, à 407 millions d’euros -, et de celle à bas coûts Skoda, qui a vu ses volumes progresser de 12,4 % sur six mois à 274 904 véhicules.
Le haut de gamme et les low-cost, des niches à succès
Audi n’est pas la seule marque allemande de luxe à afficher de très bons résultats. BMW augmente de 44,5% son profit semestriel avant impôts, quant à son bénéfice net, il progresse d’autant, à 1,73 milliards d’euros. Mais la bonne santé du haut de gamme allemand est surtout palpable chez Mercedes (groupe Daimler-Chrysler). Plombé par la Smart et quelque peu discrédité par des problèmes de fiabilité, la marque réalise un profit opérationnel de 807 millions d’euros au second trimestre, contre 12 millions l’an passé (+ 6 700% !).
«On assiste aujourd’hui à une bipolarisation de la demande : les véhicules de moins de 15 000 euros et ceux de plus de 30 000 euros. Au centre, il y a le ventre mou, le segment sur lequel les marques françaises sont le plus présent», explique Pascal Roussarie, responsable de l'Observatoire de l'automobile Cetelem (cf interview ), soulignant la nécessité des constructeurs du «ventre mou» d’être plus en phase avec les attentes des consommateurs. Une stratégie d’écoute qui profite pleinement à Toyota.
M.E.
Publié le 29 septembre 2006
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