Sport
Pékin 2008, la guerre des medias est lancée
D’évènement en évènement, les droits télévisuels des JO ne cessent d’augmenter, passant de 88 millions de dollars (57 millions d’euros) en 1980 à 1 493 millions de dollars en 2004 (964 millions d’euros) pour les Jeux d’été, selon les chiffres du comité olympique français.
A titre de comparaison, la Coupe du monde de football 2006 a brassé environ 1,2 milliard d’euros et l’Euro 2008 en Autriche, 800 millions d’euros. Du coté des sponsors et de la vente de produits sous licence, l’Euro 2008 va rapporter 250 millions d’euros, soit un tiers de ce qu’ils amènent aux JO.
Sur le marché télévisuel français, trois chaînes de télévision retransmettront les JO de Beijing 2008 en direct, France Télévision, Canal+ et Eurosport.
Au total, selon des informations du journal L’Equipe, le groupement des radiodiffuseurs français (GRF), qui a acquis les droits de Pékin dans le cadre de l’UER (Union européenne de radiotélévision), a déboursé 71 millions de dollars (45 millions d’euros).
France Télévisions a payé les deux tiers de ce montant, soit 47 millions de dollars (30 millions d’euros), et Canal+ a réglé un tiers 23,5 million de dollars (15 millions d’euros).
20 heures d’antenne par jour pour France Télévisions
France Télévision consacrera vingt heures d’antenne par jour aux JO sur France 2, France 3, France 4. Bien que les épreuves sportives se dérouleront en partie durant la nuit (+6 heures avec la Chine, les programmes débuteront à 3h30 du matin), les Jeux représentent un réservoir d’audience important, donc un vivier de recettes publicitaires.
Lors des derniers Jeux d’été d’Athènes en 2004, France Télévisions avait réunit 2,2 millions de téléspectateurs pour des retombées publicitaires de 59 millions d’euros brut, selon une évaluation par TNS MI.
Concernant les partenaires internationaux du Comité international olympique (Coca-Cola, Visa, Samsung...), ils vont pouvoir bénéficier d’un «droit prioritaire de négociation» sur l’ensemble du dispositif publicitaire.
Pour les autres, le groupe français a mis en vente dès le 26 juin des «blocs» d’écrans publicitaires (de 15 à 560 euros la seconde) en fonction des prévisions d’audience. Une offre qui couvre près de 30% de l’espace publicitaire dégagé par les JO.
Un bon rapport qualité/prix
Selon une estimation, France Télévisions a déboursé près de 30 millions d’euros pour quinze jours de programme qui nécessitera 200 personnes mobilisées sur Paris et le même nombre à Pékin. Selon Daniel Bilalian directeur des sports à France Télévisions, cité par Le Figaro, «la chaîne vise une moyenne de 25% de parts de marché, ce qui garantirait un bon rapport qualité/prix».
Cependant, dans tous les cas, les chaînes de télévisions perdent beaucoup d’argent en choisissant de retransmettre de tels événements sportifs.
Selon Phillipe Nouchi, directeur des études audiovisuelles chez ZenithOptimedia interviewé par Easybourse, les retombées pour les chaînes se font plus en terme d’image et sur du long terme. Les chaînes attendent des grosses audiences et cherchent à montrer leur importance au niveau national.
Les JO permettront néanmoins aux télévisions mondiales d'atteindre sa plus forte part de marché publicitaire (38,2%) au niveau mondial, estime la filiale de conseil et achat médias du groupe Publicis.
La couverture des Jeux olympiques, qui généreront dans le monde 3 milliards de dollars en publicité, stimulera ainsi la publicité télévisée, surtout en Chine et dans les pays voisins.
Mais la télévision ne sera pas le seul bénéficiaire de cet événement, les dépenses publicitaires sur Internet vont elles aussi grimpe,r et en cours d’année, Internet deviendra le quatrième support publicitaire dans le monde après la télévision, les journaux et les magazines.
Globalement, en 2008, les dépenses publicitaires mondiales devraient atteindre 489,3 milliards de dollars, contre 459,8 milliards en 2007. Pour 2009, ZenithOptimedia table sur une croissance de 5,4%, à 515,9 milliards.
Un marché de 60 milliards saturé
Au niveau mondial, on assiste toutefois à une saturation des événements sportifs à la télévision, c'est-à-dire que l’offre du temps d’antennes des sports augmente plus vite que la demande de la part des téléspectateurs.
C’est surtout le cas aux Etats-Unis où de nombreuses chaînes de télévision proposent les mêmes programmes sportifs au même moment.
Les retransmissions sportives télévisées sont réalisées dans près de 220 pays ce qui est plus que le nombre d’Etats membres des Nations unis (192 membres).
Le marché mondial des droits de retransmission TV d’évènements sportifs s’élève à 60 milliards d’euros avec la domination du football, de la Formule 1 et des JO.
Le direct en question
Pour ces Jeux de Beijing 2008, certains craignaient que les épreuves sportives ne soient pas retransmisses en direct car les instances chinoises cherchaient à prévoir tout débordement en opposition à la politique de Pékin.
La diffusion des Jeux ayant été confiée au Beijing Olympic Broadcaster en accord avec le CIO, la télévision gouvernementale chinoise n’aura aucun contrôle sur le flux d’images en direction des diffuseurs internationaux.
Thomas Disch
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Publié le 08 Juillet 2008
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