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Les riches du sport absents des JO


(Easybourse.com) En pleine période de préparation des prochains JO de Beijing 2008, une question se pose : pourquoi les sportifs les mieux payés du monde ne participent pas aux Jeux olympiques ?

D’après le classement Forbes des sportifs les mieux payés du monde, on trouvera seulement sept représentants du Top 25 aux JO : Lebron James et Kobe Bryant, les deux stars du basket américain, Yao Ming le basketteur vedette chinois, Alex Rodriguez le baseballer américain, Roger Federer, le numéro 1 mondial de tennis, Maria Sharapova, la joueuse de tennis russe, et Ronaldhino, le footballer brésilien qui a affirmé son souhait de participer aux JO.

Ce classement prend en compte les revenus sportifs des athlètes et les revenus hors stade.

Le golf, la boxe, le tennis, le basketball, le foot américain, le football et les sports automobiles dominent ce classement de manière assez homogène.

Les Américains et les sports US comme le basket, le football américain et le baseball sont plutôt bien représentés (11 sportifs sur 25).

On y trouve également 4 golfeurs, dont Tiger Woods, qui est le sportif le mieux payé au monde avec des revenus qui atteignent 100 millions de dollars (63 millions d’euros) en 2007.

Le golf n’étant plus une discipline olympique pour le moment, aucun de ces quatre golfeurs ne sera à Pékin. Même constat pour les pilotes de sports automobiles, au nombre de 4 dans ce classement.

Les stars du football mondial ont, quant à eux, la possibilité de participer aux Jeux car chaque équipe nationale a le droit d’aligner seulement trois joueurs de plus de 23 ans.

Dans tous ces sports présents aux JO (basket, foot, baseball…) qui brassent beaucoup d’argent, les sportifs ne sont pas toujours totalement libres.

Cependant les organisateurs des Jeux font leur maximum pour réunir les meilleurs représentants de chaque discipline, d’où le choix des dates, au mois d’août, qui n’interfèrent pas dans les calendriers des sportifs.

De même pour ces Jeux, on attend beaucoup en basketball de la «dream team  américaine» qui, vexée d’une médaille de bronze aux derniers jeux d’Athènes, va aligner pour l’occasion ses meilleurs éléments avec Kobe Bryant et Lebron James notamment.

Au niveau des gains pour les sportifs aux Jeux, les chiffres officiels du comité olympique français sont les suivants : pour une médaille d’or, un athlète français touchera une prime de 50 000 euros ; pour une médaille d’argent, il recevra 20 000 euros ; et pour une médaille de bronze, le sportif touchera 13 000 euros. Pour la première fois dans l’histoire des JO, les primes pour médailles seront les mêmes pour les athlètes valides et les sportifs handisports.

A côté de ces primes, les rémunérations purement sportives des Jeux sont plutôt dérisoires par rapport aux primes de match que les joueurs de l’équipe France auraient pu toucher en cas de victoire à l’Euro 2008.

En devenant champions d’Europe, les joueurs de l’équipe de France auraient reçu 240 000 euros chacun, soit à peu près cinq fois plus qu’une médaille d’or aux JO.

A noter toutefois que pour certains sports méconnus du grand public, comme l’aviron, les primes de médailles deviennent relativement plus intéressantes. De plus les JO sont un moyen de mettre en évidence les leaders nationaux de ce sport très peu médiatisés hors Jeux olympiques.

Le golf, un sport délaissé par l’olympisme

Le golf est le sport individuel n°1 dans le monde, cependant il reste attaché à une certaine image élitiste dans quelques pays, notamment la France.

Selon des informations de la fédération française de golf, le nombre de licenciés sur notre territoire est de 380 000, avec une augmentation de 9 000 joueurs par an ces dernières années.

Le chiffre d’affaires global de la discipline est de 1,5 milliard d’euros et le golf occupe 13 000 emplois stables.

La pratique de ce sport  s’est très vite développée au Etats-Unis pour atteindre des proportions assez importantes. La médiatisation et les contrats de sponsoring ont augmenté de manière assez significative notamment grâce à la présence charismatique de Tiger Woods, au sommet du golf mondial.  

Au début du siècle, le golf était discipline olympique pour les Jeux de Paris 1900 et la discipline sera prolongée pour l’édition suivante aux Etats-Unis pour les Jeux de Saint-Louis en 1904. Selon les dires de l’époque, faute d’intérêt important, le golf tomba dans l’oubli au sein du comité olympique et l’édition de Saint-Louis fut la dernière apparition du golf aux Jeux. 

Manque de soutien commun

De  nos jours, l’entrée d’une discipline aux JO est déterminée par deux facteurs : une lutte antidopage efficace et l’assurance que les meilleurs sportifs participeront.

Les instances dirigeantes du golf mondial font le maximum pour s‘unir dans la quête olympique, mais la motivation vient aussi de la part des joueurs comme Phil Mikelson, n°3 mondial, qui explique dans Golf Digest «je suis convaincu que le fait de voir le golf devenir un sport olympique est une chose très importante et si j’avais l’opportunité de représenter mon pays je jouerais sans hésiter une seconde».

Même son de cloche chez le golfeur professionnel français Ilya Goroneskoul : «Le golf aux JO ? Bien sûr que tous les pros en rêve et le fait de représenter la France encore plus. Cela fait des années que l’on en parle». «Les plus grands joueurs comme Greg Norman [ancien n°1 mondial australien] lors de la cérémonie d’ouvertures des Jeux de Sydney ont toujours espéré que notre sport face partie des JO».

C’est pour le CIO un signe fort montrant que les meilleurs joueurs ont le désir de participer aux Jeux olympiques.

D’après le président de la Fédération française de golf, Georges Barbaret, interviewé par Easybourse, la réintégration du golf aux Jeux olympiques passe par le soutien commun du  Royal & Ancient qui établit les règles de golf dans le monde et le United States Golf Association qui complète le rôle du Royal & Ancient au niveau des Etats-Unis.

La réintégration du golf aux JO passe aussi par le soutien du PGA Tour, le circuit américain des joueurs  professionnels, qui est le circuit le plus influent dans le monde golfique car il regroupe les meilleurs golfeurs donc la plus grande médiatisation. 

Mais jusque-là, toutes les hautes instances golfiques n’ont pas fait cause commune : «Nous avons eu un ancien président de la fédération, Claude Roger Cartier, qui a tout fait pour que notre sport y soit mais personne encore aujourd’hui n’y est arrivé... Les conflits d’intérêts y sont trop grands à mon avis», a analysé Ilya Goroneskoul avant de conclure : «Mais le tennis a bien trouvé une solution alors pourquoi pas nous, […] j’ai grand espoir qu’un jour nous aurons le droit d’y participer».

Pour les JO de Beijing 2008, la Chine était prête à mettre 18 golfs manucurés à disposition des joueurs pour l’occasion de la réintégration du golf mais cela n’a rien donné car le soutien des instances mondiales du golf n’était pas assez fort.

Les rumeurs autour de la question disent qu’une prochaine réintégration du golf aux JO de 2016 est possible mais rien n’est officiel. 

Le meilleur moyen pour développer un sport au niveau mondial est une exposition aux JO. Ce fut le cas lors des Jeux de Moscou en 1980 avec le tennis, certains analystes sportifs pensent que sans ces JO, il n’y aurait jamais eu le boom du tennis russe. De plus, les fédérations de sports olympiques bénéficient d’avantages financiers en étant discipline olympique. 

Thomas Disch

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Publié le 08 Juillet 2008 Copyright © 2008 logo easybourse


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L’olympisme américain supporté par ses compatriotes


Aux Etats-Unis, la participation des athlètes américains au Jeux olympique est financée grâce à des contributions obtenues de sources variées : particuliers, sociétés et collectivités et c’est ce qui différencie le sport olympique américain avec celui des autres pays.

À Sioux City (Iowa), par exemple, des élèves de primaire ont vendu des gâteaux et récupéré des bouteilles et boîtes recyclables pour aider leurs athlètes.

En Géorgie, des élèves de cours élémentaire ont, centime par centime, recueilli près de 400 dollars.

Comme pour le financement des arts, celui des athlètes américains qui participent aux Jeux olympiques est fortement décentralisé et largement partagé entre des entreprises privées et des millions d'Américains.

C'est un mécanisme qui a la faveur de la population. Un sondage d'opinion Harris réalisé en 2004 a révélé que trois Américains sur quatre préféraient que l'entraînement de leurs olympiens soit financé exclusivement ou en majeure partie par des fonds privés.

L'un des avantages, peut-être, est que tout membre de la société américaine, même ces enfants de 8 ans qui ont recueilli des centimes, peut parler avec fierté de sa contribution à  son équipe olympienne.

C'est le Comité olympique des États-Unis (Usoc), dont le siège est à Colorado Springs (Colorado), qui coordonne la participation des athlètes américains aux JO.

Contrairement à la plupart des comités olympiques d'autres pays, l'Usoc ne reçoit aucune subvention régulière du gouvernement fédéral et compte plutôt sur les contributions des sociétés et des individus, ainsi que sur les recettes de ses ventes directes d'articles liés aux Jeux olympiques. 

 

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