Banques
Allemagne : rumeur de fusion bancaire géante
Ce n’est pas une nouveauté : le numéro un de l’assurance allemand cherche depuis plus d’un an une solution au problème de son activité bancaire, la Dresdner Bank, qui pèse de plus en plus sur les résultats d’Allianz.
L’alternative consistait soit à renforcer la filiale soit à vendre, mais c’est la deuxième solution qui est privilégiée. Or la filiale rachetée il y a plus de sept ans pour 24 milliards d’euros ne trouve pas preneur malgré les recherches des dirigeants d’Allianz. D'autant que ses performances décevantes en 2007 avec des dépréciations d'1,3 milliard d'euros ne devraient pas arranger les choses.
Près de huit ans après la première tentative de marier la Dresdner Bank et la Commerzbank à l’été 2000, le scénario d’une fusion stratégique bancaire refait surface.
Une «révolution» du paysage bancaire allemand
Le scénario envisagé serait d’après les informations du Frankfurter Allgemeine Zeitung une fusion au sommet et «tripartite» entre la Commzerzbank (deuxième banque privée du pays), la Dresdner Bank et la Postbank, première banque publique du pays actuellement filiale de Deutsche Post, également sur le point d’être cédée.
La Dresdner Bank serait fondue dans la Commerzbank et ce nouvel ensemble serait en passe d’acquérir la Postbankn, avec Allianz comme actionnaire principal .
Cette opération porte en germe la transformation du milieu bancaire allemand, caractérisé par son éclatement et par sa fragilité vis-à-vis des crises financières comme celle des subrpimes, qui a laissé sur le carreau un grand nombre d’établissements régionaux.
Par ailleurs, la Dresdner Bank et la Deutsche Bank seraient à même de se conformer aux standards internationaux d’établissements bancaires de taille significative.
En effet, cette opération donnerait lieu à un géant bancaire allemand fort de 26 millions de clients et concurrent direct de la Deutsche Bank. Allianz se frotte les mains à l’idée de cette double bonne idée : céder la Dresdner Bank et disposer d'un vivier de clients pour ses produits d’assurance.
Pour l’instant, il ne s’agit que d’une hypothèse qui n’a pas encore donné lieu à des négociations entre les dirigeants des différents établissements. Par ailleurs, la cession de la Postbank est certes une «priorité» pour le nouveau patron de la Deutsche Post, Frank Appel, mais il n’a pas encore donné le feu vert pour une cession de son activité bancaire ni mandaté la banque d’investissement Morgan Stanley pour conduire le processus. Et les prétendants sont nombreux à la reprise de cette banque qui a performé en 2007 malgré la crise des subprimes : Allianz, Commerzbank mais aussi Deutsche Bank.
Il existe d’autres scénarii comme une cession pure et simple de la Dresdner Bank à l’italien Unicredit et à sa filiale allemande Hypo-Vereinsbank (HVB).
Beaucoup de «si» pour une seule certitude : les dirigeants d’Allianz veulent régler le problème «Dresdner Bank» au plus vite dans un environnement économique et financier qui se dégrade rapidement.
Laure Gaillard
Publié le 28 mars 2008
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