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Bailly-Pommery & Voutier Associés
(Easybourse.com)
'Le marché de l'art se porte plus que bien'
Comment se porte le marché de l'art actuellement ?
Le marché se porte plus que bien. L’art contemporain est le plus prisé notamment dans les pays anglo-saxons et les pays nordiques, du coup les prix grimpent très vite et atteignent des records. Sidney Polack ou Andy Warhol sont les artistes du moment. En France, le marché de l’art est dominé par l’art déco et les arts premiers. Lors de la « Vente vérité » du début juin, les ventes d’œuvres d’arts premiers ont atteint des sommets : un masque Ngil Fang a été adjugé 5,9 millions d’euros. Le produit total des ventes a été de 43 millions d’euros.
New-York domine aujourd’hui le marché de l’art et Paris ne représente plus que 6,6% des parts de marché. Comment expliquez-vous cette évolution ?
Par l’argent ! En France, un particulier qui souhaite vendre une œuvre d’art, une antiquité ou un objet de collection est soumis à une imposition équivalent à 16% de la plus-value nette réalisée à laquelle il faut ajouter 11% de prélèvement sociaux, si le propriétaire de l’œuvre dispose d‘une preuve d’acquisition. A défaut, il devra tout de même s’acquitter d’une taxe forfaitaire de 4,5% + 0,5% de RDS soit une imposition totale de 5 % du prix de revente du bien. Dans certaines hypothèses, le vendeur peut être exonéré d’impôts, c’est le cas pour les mobiliers ordinaires et courants de moins de 100 ans et les biens dont le prix de vente est inférieur à 5000 euros. Aux Etats-Unis, il n’y a pas d’imposition de ce genre, dès lors les enchères peuvent monter plus haut et très haut.
De plus, il existe en France un certain nombre de barrières comme le droit de préemption de l’Etat ou encore l’interdiction de sortie du territoire pour certaines œuvres.
Les chinois sont de plus en plus présents sur ce marché, comment expliquez-vous cela ?
Les œuvres chinoises sont très à la mode, des vases impériaux sont vendus près de 5 millions d’euros alors qu’ils ne sont estimés qu’à 200 000 euros.
Les acquéreurs chinois achètent surtout des œuvres reflétant leur passé afin de les ramener dans leur pays. La Chine a un faible patrimoine artistique et certaines réglementations l’empêchent de le développer. Par exemple, il est interdit de procéder à des fouilles archéologiques qui permettraient pourtant de découvrir nombre d’objets. De plus, les « nouveaux riches » chinois, comme les « nouveaux riches » russes, ne sont pas très riches mais très très riches et cette richesse doit transparaître de leur personne. Ils n’hésitent donc pas à investir dans des objets très chers.
Quelle est la part de spéculation sur le marché de l’art ?
Vous avez différentes catégories d’acheteurs, ceux qui achètent sans trop s’y connaître uniquement parce que l’œuvre leur plaît, ceux qui achètent en connaisseurs, les collectionneurs et ceux qui pensent pouvoir spéculer grâce à l’art. Mais comme sur tous les marchés il y a des risques et il y a autant de perdants sur le marché de l’art que sur les autres marchés.
Publié le 07 Juillet 2006
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