Banques
Banque du Japon : la tension monte d'un cran
Le gouvernement japonais a proposé mardi au parlement la nomination de Koji Tanami au poste de gouverneur de la Banque du Japon. Une décision critiquée par l'opposition, qui contrôle le Sénat, et qui a déjà bloqué la semaine dernière l'investiture d'un premier candidat.
M. Tanami, candidat-surprise
Koji Tanami, actuellement gouverneur de la Banque japonaise de coopération internationale (JBIC) et ancien vice-ministre des Finances, ne faisait pas partie des favoris évoqués par les médias. Sa nomination par le gouvernement constitue donc une surprise.
Cependant, le Parti démocrate du Japon (PDJ), parti de centre-gauche, qui avait bloqué la semaine dernière l'investiture de Toshiro Muto au motif qu'il manquerait d'indépendance en raison de son passé d'ex-ministre des Finances, a fait valoir que le même grief s'appliquait à M. Tanami. 'Nous sommes déçus. En théorie, il est impossible d'accepter M. Tanami après avoir rejeté M. Muto', a expliqué Kenji Yamaoka, chef des affaires parlementaires du PDJ.
Grave crise politique
Des déclarations prononcées avant même l'audition des candidats par les commissions parlementaires, prévue plus tard dans la journée à la Chambre des députés et au Sénat.
Pour pouvoir prendre ses fonctions, le gouverneur de la BoJ doit obligatoirement être approuvé par chacune des deux chambres du parlement.
Une grave crise se profile, alors que l'opposition semble bien décidée à bloquer systématiquement les choix du gouvernement dans cette affaire de succession. La proposition de celui-ci de prolonger le mandat de l'actuel gouverneur a également été refusée. Or, le mandat de Toshihiko Fukui, l'actuel patron de la banque centrale, se termine mercredi.
Si les votes qui se dérouleront alors ne permettent de choisir aucun candidat, la BoJ sera dépourvue de chef. Une situation d'autant plus problématique que les banques centrales sont très sollictées ces dernières semaines pour faire face à la crise mondiale qui affecte les marchés financiers.
L'absence d'une tête pensante à la troisième banque centrale mondiale pourrait bien avoir des conséquences particulièrment néfastes les marchés asiatiques...
Antoine Pietri
Publié le 18 mars 2008
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