Economie
FMI : la crise touche plus la zone euro que les Etats-Unis
Il y a une première raison à cette révision significative à la baisse du taux du PIB mondial en 2008 par le FMI en l’espace de quelques mois : la crise des subprimes et sa transmission à l’activité dite «réelle» aux Etats-Unis. Ainsi que la panique des places boursières au début de la semaine dernière.
Le FMI prend la mesure de la «double crise» américano-américaine
La crise des subprimes qui s’est répercutée sur l’économie réelle, via les difficultés des banques américaines, a déjà commencé et va continuer à entraîner un ralentissement de l’économie américaine en 2008. Le quatrième trimestre 2007 en a été un avant-goût.
Tous s’accordent sur le ralentissement de la première économie au monde, mais pas sur son ampleur. Pour le FMI, le ralentissement serait net mais très éloigné de la récession avec un taux de croissance de 1,5%, contre 2,2% en 2007.
Les Etats-Unis vont connaître une baisse de régime très nette dans les secteurs de l’industie et du logement, conséquences de la crise des subprimes, mais aussi du point de vue de leur consommation, un des piliers de la croissance.
Les Etats-Unis vont-ils voir dans cette étude une exhortation à intensifier leur plan de relance de l'économie américaine via la réinjection d'1% du PIB américain dans le circuit économique et la baisse des taux d'intérêts par la Fed ? La Fed pourrait bien décider d'un nouvel abaissement de son taux directeur demain d'un demi-point, selon les analystes.
La crise américaine aura des effets dans le monde et dans la zone euro
Par ailleurs, à tous ceux pour qui le nuage de la récession s’arrête aux frontières des Etats-Unis et ne franchit pas l’Atlantique, le FMI semble opposer un démenti avec une croissance mondiale en baisse à 4,1% en 2008 contre 4,9% en 2007.
Pour quelle raison ? L’année a mal commencé avec la panique boursière de lundi et mardi dernier et le phénomène de «délestages massifs sur les places boursières mondiales» qui «traduisent une incertitude montante». Une incertitude et une inquiétude qui ne sont pas favorables à la croissance et au commerce.
La Chine et l’Inde devraient tirer leur épingle du jeu en 2008, d’après le FMI, grâce à un dynamisme économique qui ne se dément pas ou plutôt le ralentissement devrait être léger. En Chine la croissance devrait refluer de 11,5% à 10% ce que beaucoup considèrent comme une bonne chose dans un contexte de surchauffe des rouages du système chinois.
S'agissant de la zone euro, la croissance est fortement amputée passant de 2,3% en 2007 à 1,6% en 2008 mais à seulemennt 1,3% également en glissement annuel au quatrième trimestre. Une prévision en contradiction flagrante avec les déclarations de la ministre de l’économie et des finances, Christine Lagarde, d’une part et du président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker d’autre part.
De quoi provoquer un débat au sein des instances françaises et européennes. Et de quoi inquiéter les gouvernements européens, français en tête.
Laure Gaillard
Publié le 29 janvier 2008
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