Pétrole
Forte poussée de fièvre de l’or noir à plus de 119 dollars
Le baril de brut retrouve ses niveaux d’il y à moins d’une semaine avec un baril de brut à plus de 119 dollars.
L’accalmie des cours du pétrole dans la journée de vendredi, sous l’effet de la reconstitution des stocks américains et d’une hausse du dollar face à l’euro, est reléguée au rang de souvenir. Le baril s’échangeait alors contre 112 dollars environ.
Aujourd’hui, le marché subit une forte poussée de fièvre des cours de l’or noir en raison d’un regain de tensions au Nigéria, premier pays producteur d’or noir en Afrique, et d’inquiétudes sur l’Iran et sur l’Irak, deux gros producteurs de pétrole.
Le baril de light sweet crude pour livraison en juin vaut 119,42 dollars, en hausse de 3,10 dollars, par rapport à la clôture de vendredi.
Les troubles géopolitiques font flamber les cours
La question qui se pose est de savoir si et à quel point la demande de pétrole risque de souffrir des troubles au Nigeria. Les marchés répondent oui à la première question de l’impact de ces troubles sur l’offre de pétrole, qui est à l’origine de la montée des prix.
Car l’incident est sérieux : la compagnie pétrolière Royal Dutch Shell a été une nouvelle fois victime d’une attaque armée du Mouvement nigérian pour l’émancipation du delta du Niger (MEND), d’après les informations de l’Agence Associated Press du 3 mai. Ce sont les pipelines de la première compagnie du pays qui ont été touchées et qui ont contraint le groupe à annoncer une baisse de sa production.
Cet incident illustre la dépendance des pays consommateurs de pétrole, de plus en plus nombreux et gourmands (Chine et Etats-Unis en tête), vis-à-vis de pays producteurs incertains comme le Nigeria ou l’Iran pour une matière première extrêmement volatile. Ainsi, «le Nigeria et l'Iran font peser des craintes sur l'offre», explique Bart Melek, analyste à la maison de courtage BMO Capital, cité par l'AFP, et grimper les prix.
A côté du Nigéria, l’Iran défie les Etats-Unis et la communauté internationale en déclarant hier que le deuxième producteur de pétrole au sein de l'Opep poursuivra son programme nucléaire malgré les menaces des grandes puissances. Par ailleurs, de nouveaux accrochages entre la Turquie et les militants kurdes dans le nord de l'Irak également grand pays producteur de pétrole ont contribué à maintenir les cours du pétrole à un niveau élevé.
Les pétrolières profitent de cette nouvelle poussée des prix.
Laure Gaillard
Publié le 05 Mai 2008
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