Palmarès 2007
Fusions-acquisitions 2007 : une année de records
Crise ou pas, une chose paraît acquise : les performances en termes de fusions-acquisitions cette année n’ont rien de décevant. Ce serait même la stricte situation inverse, si l’on en croit les chiffres préliminaires publiés par l'agence Thomson Financial. Selon cette dernière en effet, les fusions-acquisitions auraient augmenté, en montant, de 21% à 4380 milliards de dollars, malgré le repli de 27% enregistré sur les six derniers mois, en raison de la crise des marchés du crédit.
Par ailleurs, et cela n’avait pas été observé depuis 2002, les opérations réalisées par des entreprises européennes ont devancé celles orchestrées par des groupes américains. Ainsi pour les premières, la progression du volume de fusions-acquisitions a été de 35%, à 1781 milliard de dollars, tandis qu’elle a été de 5,5%, à 1570 milliards de dollars Outre-Atlantique.
En cause, bien entendu, un second semestre marqué par un fort recul, de 46% aux Etats-Unis, contre 16,9% en Europe.
Goldman Sachs, seule banque saluée
Toujours selon l’agence Thomson Financial, la banque Goldman Sachs conserve sa première place des banques conseils, avec 483 transactions pour un montant total de 1419 milliards de dollars. Ainsi au second semestre, alors que la crise des subprimes était au plus haut, Goldman Sachs a enregistré 23,075 milliards de dollars de revenus nets, pour 5,97 milliards de dollars de bénéfices.
Dans ce contexte, Goldman Sachs a affiché un bond de 22% de son résultat net, à 11,6 milliards de dollars (7,9 milliards d'euros), pour son exercice 2007 clos fin novembre dont 3,215 milliards de dollars sur le dernier trimestre (contre 3,152 milliards de dollars un an plus tôt).
Quant au reste du classement, il reste inchangé avec Morgan Stanley en seconde position, suivi de Citigroup et JP Morgan. UBS à la 5e place remplace Merrill Lynch qui chute à la 8e place. Enfin, le Crédit Suisse (6e), la Deutsche Bank (7e), Lehman Brothers (9e) et Rothschild, parachèvent le top 10 mondial.
Dans le détail, le premier semestre, le plus dynamique de l’année, a été marqué par une forte activité des fonds d'investissement aux Etats-Unis. KKR a ainsi proposé 29 milliards de dollars pour First Data, Blackstone 39 milliards de dollars pour Equity Office et KKR-TPG 45 milliards de dollars pour TXU.
Avec la crise des subprimes, et par effet domino, le marché du financement LBO s’est littéralement refermé. Un brusque mouvement de recul ressenti dès le troisième trimestre, mais que l'activité des entreprises a estompé au trimestre suivant.
En France, BNP Paribas reste en tête
Si en Europe, cinq pays (Royaume-Uni, Pays-Bas, Espagne, France et Allemagne) représentent 70% de l'activité de fusions-acquisitions, la France est le seul a avoir vu cette activité baisser en 2007 (-22% par rapport en 2006).
Au total dans l’Hexagone, les opérations annoncées au cours des six premiers mois de l'année se sont élevées à 110,8 milliards de dollars au total.
Au chapitre des entreprises françaises, c’est la BNP Paribas qui rafle la mise, en conservant la première place avec 92 transactions sur un volume total de 112,4 milliards de dollars, devant Citigroup qui remonte de 13 rangs, et Calyon, à la 10e place en 2006, accède à la troisième place du podium 2007. Quant à la Société générale, elle ne parvient qu'au 11e rang, perdant deux places par rapport à 2006.
Ce classement tient également compte de la transaction entre le groupe espagnol Sacyr Vallehermoso et le français Eiffage. Cette opération de rachat d'un français par un groupe espagnol est la plus importante cette année en France et fait appel à six banques : Calyon, Citigroup, JP Morgan, BNP Paribas, Lazard et Natixis.
Reste que l'AMF a déjà forcé le groupe espagnol de BTP à lancer une offre en numéraire sur son concurrent français, tout en se déclarant, récemment, prêt à céder sa part dans celui-ci. La transaction ne pourrait alors pas avoir lieu.
Fusions-acquisitions pharaoniques
A noter pour finir, que la plus importante opération effectuée par une entreprise française en 2007 est l’acquisition du néerlandais Rodamco par Unibail pour 18,5 milliards de dollars (12,6 milliards d'euros). A comparer au deal sur la banque ABN Amro qui a été remporté par le consortium emmené par la Royal Bank of Scotland, après plusieurs mois de ferraillage avec le britannique Barclays, pour la coquette somme de 71 milliards d’euros.
Enfin, l'année 2007 a également vu le succès de l’offre de Rio Tinto sur le canadien Alcan. Le groupe minier anglo-australien a déboursé 38,1 milliards de dollars (25,9 milliards d'euros) pour acquérir le leader mondial de l’aluminium.
Désormais, c’est Rio Tinto qui se trouve en position de proie, dans la mesure où son rival BHP Billiton, le numéro un du secteur minier, entend le racheter pour quelques 130 milliards de dollars (88,4 milliards d'euros). Une acquisition qui, si elle aboutissait, devrait figurer parmi les plus importantes de 2008…
N.S.
Publié le 28 Décembre 2007
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