Conjoncture
Juncker : le déficit français ne dépassera pas 3%
Nouvelle opposition face aux propose de Christine Lagarde, ministre de l’Economie, par voie de presse.
Cette fois-ci, il s’agit de la proposition de la ministre concernant la possibilité d’une «rénovation de la relation que nous avons avec la BCE et la Banque européenne d'investissement», qu’elle avait évoquée dans La Tribune lundi dernier.
Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe, explique, dans une interview pour le journal Le Monde, qu’il ne «ressen[t] aucune nécessité de thématiser ce sujet». En clair, il repousse l’idée de Christine Lagarde, puisque, selon lui, «le dialogue est nourri» de façon suffisante, poursuit-il dans Le Monde. L’Eurogroupe est le forum des 15 ministres des Finances de la zone euro.
La situation économique française
S’agissant du déficit public français, Jean-Claude Juncker prévoit qu’il ne dépassera pas les 3% du PIB en 2008. Le président de l’Eurogroupe ne risque pas, en revanche, à se prononcer sur l’année prochaine, assurant au Monde qu’il est «prématuré de spéculer sur le profil de la croissance».
De tous côtés, les prévisions de croissance pour la France ont largement été revues à la baisse. Ainsi, le premier ministre François Fillon abaisse sa fourchette comprise entre 1,7% et 2% à 1%. L’OCDE a également suivi ce chemin en modifiant ses prévisions de 1,8% à 1% pour la croissance française en 2008.
Pas de relance budgétaire pour la zone euro
Concernant la zone euro, le président de l’Eurogroupe a rejeté l’idée d’une relance budgétaire, repoussant la possibilité d’une récession économique. Il a indiqué au Monde que les relances budgétaires «peuvent conduire à une petite amélioration à court terme, mais à moyen terme elles se soldent par la nécessité de corriger les déséquilibres qui en résultent».
Par contre, Jean-Claude Juncker se positionne en faveur de l’idée française d'une action de la Banque européenne d'investissement (BEI) en faveur des petites et moyennes entreprises. Il a qualifié les PME de structures «plus résistantes en matière de licenciements et plus innovantes» dans son interview au Monde.
Vers un nouveau mandat ?
Arrivant à la fin de son deuxième mandat de deux ans, Jean-Claude Juncker précise au Monde qu’il est prêt à prendre un nouveau mandat à la tête de l’Eurogroupe. Le Premier ministre et ministre des Finances luxembourgeois a ainsi ajouté : «J'ai dit que je n'étais pas demandeur. Si toutefois la proposition m'était faite, je ne dirais pas non».
C.L.
Publié le 03 septembre 2008
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