Economie
Juncker et Largarde : pas de récession européenne
Après les décisions des autorités politique et monétaire américaines, George Bush vendredi et Ben Bernanke hier, c’est au tour de l’Europe et du président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, de prendre la parole sur le grand plongeon des grandes bourses mondiales.
Les bourses plongent lundi puis ressortent la tête de l’eau mardi
Celui-ci s’est montré rassurant estimant que l'économie mondiale ne court pas de risque immédiat de récession et que pour l’instant il y avait une seule et unique crise, issue de la crise des subprimes, c’est-à-dire une crise financière, et non pas deux.
En effet pour le Premier ministre luxembourgeois sur les ondes de RTL la crise financière actuelle n'a, pour l'instant, pas d'impact majeur sur l'économie réelle. Et le plongeon des bourses a surtout été un mouvement de panique de la part des investisseurs sur l’éventualité d’une récession économique à la suite de la décision d’un plan de relance par le président des Etats-Unis George Bush vendredi dernier.
Un plan qui a reçu selon lui un accueil mitigé de la part des marchés boursiers, qui «ont estimé, tout comme les marchés financiers, que la réponse imaginée par l'administration Bush ne répond pas tout à fait à la situation».
Hier, la Réserve fédérale américaine réagissait en en urgence en baissant ses taux de 75 points de base, une semaine avant la réunion de son Comité de politique monétaire. La bourse de Paris se reprenait après le plongeon dans le journée de lundi et l'indice CAC40 des principales valeurs françaises clôturait en hausse de 2,07% ainsi que le FTSE-100 (+ 2,90%) à Londres. Seul le Dax de Francfort était encore négatif mais de seulement 0,31%. : «Il y a des signes d'accalmie incontestables mais il faudra voir l'évolution des choses au cours des jours à venir» a déclaré Jean-Claude Juncker.
Récession aux Etats-Unis, ralentissement en Europe ?
Le pire n’est jamais sûr et le risque de récession outre-Atlantique n’est pas avéré mais Jean Claude Juncker est catégorique : autant le risque de récession aux Etats-Unis est «sérieux» autant il ne voit pas le risque d’une récession mondiale. Ni européenne ? Effectivement «nous n'avons pas ressenti en Europe un impact majeur sur l'économie réelle» car l’économie européenne n’est pas l’économie américaine.
Plus saine, elle est plus solide pour affronter un souffle de ralentissement venu de l’autre côté de l’Atlantique d’après lui : «Je ne vois pas un impact majeur sur l'économie réelle de l'Europe». L’économie européenne devrait tout de même être affectée par l’affaiblissement de la première économie du monde mais ce ralentissement devrait être relatif : «Ceci étant dit, les prévisions de croissance qui furent les nôtres en automne de l'année écoulée doivent être révisées vers le bas, l'économie de la zone euro croîtra à des volumes inférieurs à 2%»
Lagarde : le nuage de la récession s’arrête aux frontières de la France
Ni krach ni de menace de récession en Europe à l'inverse des Etats-Unis d’après la ministre de l’Economie française, Chrsistine Lagarde hier sur Europe 1. La journée de lundi a été un mouvement de panique mais un mouvement de courte durée du fait d’une situation aux antipodes aux Etats-Unis et en Europe d’après Christine Lagarde : «L'économie européenne et en particulier au sein de l'Eurogroupe est fondamentalement différente de l'économie américaine».
Un exemple ? L’immobilier à l’origine de la crise des subprimes : «En matière d'immobilier, on a observé quoi cet été? Un effondrement d'un segment du marché qui a entraîné un effondrement de tout le marché aux Etats-Unis, ce n'est pas le cas en Europe, ce n'est pas le cas en France».
La ministre s’est donc montrée relativement optimiste par rapport à la situation outre-Atlantique et a réaffirmé la validité d’une croissance comprise entre 2 et 2,5% même si elle reste «dans le bas de la fourchette».
Laure Gaillard
Publié le 23 janvier 2008
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