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L'indexation du Smic remise en cause


(Easybourse.com) Le gouvernement souhaite répondre positivement à la volonté du patronat de supprimer l’indexation du Smic. Il existe une véritable polémique autour des mesures à prendre concernant le salaire minimum. Cependant, le gouvernement qui a mis au centre de son action l’augmentation du pouvoir d’achat pourrait perdre en crédibilité alors que le président ne cesse de chuter dans les sondages.

Le gouvernement commence à réfléchir sur le Smic dont l’indexation à l’inflation et au pouvoir d’achat ouvrier est remise en cause. Il cède ainsi à la pression du patronat qui le trouve trop élevé.

En général, l’indexation se fait tous les 1er juillet mais si l’inflation est supérieure à 2%, celle-ci peut se faire avant. C’est d’ailleurs ce qui pourrait se produire en mai.

Une remise en question qui crée la polémique

Ainsi, le Conseil d’orientation pour l’emploi débat sur une éventuelle réforme de l’indexation du Smic et devrait rendre son avis demain. Il y aurait donc un vrai débat autour de la question sur la manière de définir un niveau de salaire minimum, une tache censée être dévolu à une 'commission Smic'. Selon Xavier Lacoste, président du COE, le débat est de savoir s’il faut «donner toute latitude pour proposer le montant de l'augmentation globale du Smic» ou limiter son rôle à l’augmentation du Smic.

Ce conseil, lancé par Xavier Bertrand et Christine Lagarde et regroupant près d’une cinquantaines d’élus, experts et de représentants patronaux, doit répondre à la question suivante : «est-il souhaitable que la commission formule des recommandations de réforme du mode d'indexation du Smic?».

Cette remise en cause du principe d’indexation a fait réagir les syndicats qui n’ont pas tardé à montrer leur désaccord. La CGT insiste sur le fait qu’une suppression de l’indexation remettrait en cause le pouvoir d’achat, en sachant que près de deux millions de travailleurs sont payés au Smic et qu’un million travaille à temps partiel. La CGT est d’ailleurs opposée à la constitution de la commission. Elle remet en cause son indépendance mais aussi son utilité : «des instances compétentes pour remplir les fonctions attendues de cette commission existent déjà», critique-t-elle en pensant à la Commission nationale de la négociation collective où patronats et syndicats sont réunis.

Quant au patronat, il souhaite «une meilleure maîtrise du Smic» pour tenir compte «des réalités prégnantes de la compétition mondiale», selon Jean-François Veysset du CGPME qui souhaite supprimer l’indexation sur le pouvoir d’achat ouvrier. Laurence Parisot est plus extrême et demande une revalorisation annuelle tenant compte des diverses primes et indemnités et qu’il ne soit donc plus calculé sur une base horaire.

«La CGT considère que les règles de valorisation du Smic doivent demeurées inchangées, c'est-à-dire qu'il doit être indexé à la fois sur l'évolution des prix et celle du salaire horaire ouvrier, sous réserve de la nécessaire amélioration de l'indice des prix de l'Insee» déclare encore le syndicat dans un communiqué. Pour le syndicat, cette mesure obéit «à une logique d'abaissement des coûts salariaux».

Des mesures contradictoires

La remise en cause de l’indexation par le gouvernement démontre un manque de cohérence. Alors que celui-ci ne cesse de promettre une amélioration du pouvoir d’achat, une telle mesure apporterait l’effet contraire.

Le gouvernement n’en est pas à sa première contradiction. En effet, la hausse du livret A, qui est passé de 3% à 3,5%, a été moins élevée que prévue pour cause de «circonstances exceptionnelles».

Les français remettent désormais en cause cette politique et son manque de clarté. Ainsi, Nicolas Sarkozy connaît ces derniers jours une chute dans les sondages. Selon un sondage LH2-Libération réalisé le week-end du 2 février, le président compte pour la première fois une majorité d’opinions négatives à 55% en chute de 13 points. Selon l’institut de sondage, «le discrédit émane de la plupart des catégories sociales et politiques». Cette baisse constitue «un effondrement d'une rare ampleur (…) il existe peu d'exemples de défections aussi massives, si ce n'est le cas de Jacques Chirac en 1995», selon François Miquet-Marty, directeur des études politiques de LH2.

Une large part des opinions négatives s’explique par la politique économique du président : 84 %  ne sont pas satisfaits de la politique concernant le pouvoir d'achat, 75 % d’insatisfaits de la croissance économique, 68 % de l'emploi. 60% ne leur font pas confiance pour améliorer la situation économique et 68% des Français ne font pas confiance au chef de l'Etat et au gouvernement pour améliorer le pouvoir d'achat.

Une remise en cause de l’indexation ne ferait donc qu’empirer les choses…

W.A.

Publié le 05 Février 2008 Copyright © 2008 logo easybourse


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