Conjoncture
La baisse du chômage profite à l'Unedic
A quelques mois de la fusion avec l’Anpe prévue pour le second semestre, l’Unedic affiche une santé arrogante. En effet, la baisse du chômage lui a été bénéfique puisqu’elle a permis de réaliser un excédent de 940 millions d’euros en janvier.
Un excédent qui attise les convoitises
C’est un excédent d’un niveau largement supérieur à ce qu’a connu l’organisme ces derniers mois. La baisse du taux de chômage de décembre de 0,5% a limité les indemnisations entraînant 100 millions d’euros de dépenses en moins et un bénéfice de 468 millions d’euros.
Le mois de janvier continue sur la même tendance, avec 940 millions d’euros d’excèdent en trésorerie. L’Unedic a également profité de la hausse de l’emploi salarié de 0,6% entre octobre et décembre ainsi que de celui des salaires (+0,8%) qui ont permis d’augmenter les cotisations.
Pour la sécurité sociale et l’Etat, cet excédent est un moyen idéal pour financer les caisses de retraite. Cet intérêt expliquerait ainsi la discrétion des syndicats gestionnaires de l’Unedic sur ces bons résultats.
«La logique consistant à profiter de la baisse du chômage pour dégager des nouveaux financements pour les retraites est inscrite noir sur blanc dans l'exposé des motifs de la loi Fillon de 2003, votée par le Parlement» explique Xavier Bertrand aux Echos.
Les syndicats ont par ailleurs décidé de constituer un fonds de réserve assurant 6 milliards d’euros en trésorerie. La dernière convention avance que celui-ci doit être alimenté avant toute réforme des règles de financement de l’assurance-chômage.
En 2007, l’Unedic a réalisé un résultat de 3,5 milliards d’euros, supérieures aux prévisions réalisées en octobre d’environ 300 millions d’euros.
L’Unedic reste toujours fortement endetté
Les syndicats ont cependant toujours le niveau élevé de la dette à faire valoir en contrepartie de ce bon excédent. En effet, la dette s’élève à 5 milliards d’euros de dettes que l’organisme ne pourra pas totalement éponger avant 2009.
Par ailleurs, le bénéfice du mois de janvier s’explique en partie par le calendrier de cotisation des entreprises puisque les petites entreprises de moins de 10 salariés ont cotisé justement en janvier.
W.A.
Publié le 14 mars 2008
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