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La Poste : L'Etat réitère ses missions de service public
Alors que s’avance résolument la libéralisation totale du marché du courrier à l'horizon 2011, la direction du groupe La Poste entend faire les réformes et prendre les mesures qu’elle juge nécessaires.
A commencer par l’établissement d’une feuille de route déterminant ses principales missions. Et ces dernières, qui viennent d’être confirmées par la signature d’un contrat de service public avec l’Etat, sont au nombre de quatre.
Quatre missions principales
Reprenant les anciens textes, dont la loi postale de 2005, le plan adopté ce matin détermine les quatre missions principales du groupe dirigé par Jean-Paul Bailly : le service postal universel d’abord, l'acheminement de la presse ensuite, l'accessibilité bancaire et enfin l'aménagement du territoire.
D’un point de vue plus pragmatique, la première obligation de La Poste consiste à lever le courrier et le distribuer six jours sur sept au même tarif partout en France. Quant à la qualité du service, La Poste s'engage pour 2008 à acheminer 83% du courrier le lendemain de leur envoi, ce chiffre devant atteindre 85% en 2010.
Le contrat stipule par ailleurs que la présence postale sur le territoire impose que «pas plus de 10% de la population d'un département ne peut se trouver éloignée de plus de 5 kilomètres et de plus de 20 minutes de trajet automobile […] des plus proches points de contact de La Poste», ce qui devrait assurer le maintien des 17 000 points de contact en France.
Au total, ces quatre missions d'intérêt général coûteront à La Poste 816 millions d'euros par an, hors aides de l’Etat.
Inquiétude syndicale
Déjà préoccupés par les récentes annonces du groupe postal, notamment l’ouverture éventuelle de son capital, les syndicats se sont dits inquiets pour le financement du service public universel, actuellement permis par le monopole de La Poste.
Avec l’ouverture des marchés postaux le 1er janvier 2011, tout risque de changer, alors que le contrat indique, sans davantage de précisions, que l'Etat s’engage à «mettre en place un dispositif permettant d'assurer un financement du service universel, pérenne, économiquement efficace».
Selon Régis Blanchot de Sud-PTT, «dans le contexte actuel, l'Etat et la direction de La Poste veulent, avec ce plan, tenter de rassurer. Mais quand on regarde le texte dans le détail, il s'agit plutôt d'une fragilisation des missions de service public.»
De même à la CGT-Poste, où Colette Duynslaeger, la secrétaire générale, estime qu’il s'agit «du service minimum du service public» étant donné que ce contrat «n'engage pas La Poste à conserver de vrais bureaux de poste».
C.S. (avec agences)
Publié le 22 Juillet 2008
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