Banques
La Société Générale connaît une assemblée générale mouvementée
Durant son assemblée générale organisée hier à la Défense, la Société Générale a tout mis en œuvre pour minimiser l’affaire Kerviel, qui ne devait être le sujet que de la première partie de l’assemblée avant de laisser place à la stratégie et la gouvernance de l’entreprise, et contenir la colère des actionnaires.
Une assemblée mouvementée
L’assemblée ne s’est cependant pas déroulée comme l’espérait la banque, des actionnaires mécontents demandant la démission de Daniel Bouton. Apparemment, son remplacement par Frédéric Oudéa en tant que directeur général de la banque n’a pas suffi à tous.
Daniel Bouton a pourtant tenté de calmer les actionnaires, en déclarant être à leur écoute et reconnaissant les mauvais résultats de la banque en 2007. Il a également justifié la nomination de Frédéric Oudéa en déclarant que «dissocier les fonctions de président et de directeur général» était nécessaire puisque la banque «avait besoin de changer» suite à cette crise.
Sur l’affaire Kerviel, les faiblesses de la hiérarchie ont été soulignées par Jean-Martin Folz, l’administrateur de la banque chargé de l’enquête sur cette affaire. «Toutes les mesures sont en place pour éviter la survenance d’événements de même nature», a-t-il annoncé.
Malgré ces tentatives pour rassurer les actionnaires, ces derniers n’ont pas manqué de faire part de leur réprobation. «Nous sommes des grognards, et bien je vais grogner», a annoncé l’un d’entre eux, insistant sur la responsabilité des dirigeants alors que Jérôme Kerviel est traité comme simple «homme de main» là où «le parrain n’est pas inquiété». Le système des bonus est aussi pointé du doigt. «Quand on distribue de tels bonus, on abaisse le seuil d’honnêteté des gens, on ne peut pas aller contre l’humain».
Daniel Bouton a rétorqué que la fraude n’avait pas eu lieu dans une activité «à gros bonus».
L’affaire Kerviel a sans doute été au centre des critiques et des interrogations, notamment sur la responsabilité des dirigeants. L’ancien directeur de la banque a souligné que sur le long terme, l’action Société Générale reste «l'une des plus performantes des banques européennes» et a rappelé les quelques licenciements qui a eu lieu au sein de la banque (cinq licenciements et deux démissions).
«Monsieur le président, je me demande pour qui vous nous prenez ! A qui ferez-vous croire qu'on peut faire des choses de ce genre impunément ? Ou bien ceci convenait à la hiérarchie de la Société Générale, ou bien les contrôles sont nullissimes ! Vous avez spéculé, un point c'est tout. C'est vous qui êtes en cause et monsieur Kerviel n'est qu'un pantin dans tout ça qu'il aurait été facile d'arrêter si vous l'aviez voulu ou si vous aviez eu des contrôles vraiment corrects», a réagi un autre actionnaire en colère.
Un audit interne accablant
Les dirigeants ne sont en outre pas aidés par l’audit interne publié vendredi dernier qui a mis en lumière les défaillances de la hiérarchie et des défaillances dans le système de contrôle qui souffre de moyens insuffisants, tout en mentionnant des «indices de complicité interne» de la part d’un assistant trader qui aurait aidé Jérôme Kerviel «dans la gestion de multiples transactions fictives et écritures indues nécessaires à la dissimulation des positions frauduleuses».
Frédéric Oudéa préfère insister sur la capacité de la banque à continuer à se développer de façon indépendante.
«J'espère que nous clôturons définitivement ce chapitre particulièrement difficile pour la Société Générale», a conclu Daniel Bouton à l’issue de cette assemblée où toutes les résolutions à l’ordre du jour ont été votées.
W.A. (avec agences)
Publié le 28 Mai 2008
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