Conjoncture
Le commerce extérieur chinois poursuit sa chute au ralenti en juin
Pour leur huitième mois de déclin consécutif, les exportations ont baissé de 21,4% en juin, contre -26,4% le mois précédent et -22,6% en avril, a annoncé vendredi 10 juillet l'agence officielle Chine Nouvelle, citant les Douanes.
Signes de stabilisation, absence de reprise
Les importations ont chuté de 13,2% sur un an, après -25,2% en mai et -23% en avril, en glissement annuel. Annoncé en novembre, les mesures de relance prévoient sur deux ans 4000 milliards de yuans (près de 420 milliards d'euros au taux actuel, soit près de 7% du PIB chinois) de dépenses, dont 1180 financés par le gouvernement central, et concernent essentiellement les investissements et de grands projets d’infrastructure.
Sur l'ensemble du premier semestre, la baisse est de 25,4% sur un an pour les importations, et de 21,8% sur un an pour les exportations. L'excédent commercial a totalisé 96,4 milliards de dollars sur les six premiers mois de l'année, en baisse de 1,3% en glissement annuel. Il atteignait 88,79 milliards sur les cinq premiers mois. L'excédent pour le mois de juin, que Chine Nouvelle n'a pas précisé, serait donc de 8,15 milliards, selon l’AFP.
Le ralentissement de la contraction commerciale n’engage cependant pas les analystes basés en Chine à prédire un avenir radieux. «Il y a des signes de stabilisation des exportations chinoises mais aucun signe significatif quant à une reprise», a souligné Wang Qian, une analyste de JP Morgan à Hong Kong. Un rebond «des exportations chinoises dépendra de la demande des pays développés : les Etats-Unis, l'Europe et le Japon», a souligné Mme Wang.
Une stabilisation durable ?
Pour pallier la chute des exportations en raison de la sévère récession qui frappe les marchés européens et nord-américains, principaux débouchés des exportations chinoises, l'économie chinoise, sous l'impulsion du gouvernement, tente de se recentrer sur son marché intérieur. Au vu des résultats, Wang Qian estime que les dépenses des consommateurs sont en phase de stabilisation, et que la contraction des échanges est moins sévère.
Le plan de relance est très axé sur les investissements, lesquels, effectivement, bondissent depuis le début de l'année avec la mise en œuvre des directives officielles. «Le plan de relance a aidé à accroître les importations de la Chine, et par conséquent les exportations d'autres pays», a relevé Wang Qian.
Pour Stephen Green, économiste de la banque Standard & Chartered, «la grande question» concerne le caractère «temporaire» ou «structurel» de l’excédent commercial chinois. «Il a l'air de rapetisser, mais c'est parce que la Chine progresse plus vite que le reste du monde» et continue d'importer pour ses besoins, explique-t-il. Pour l’instant, le chef économiste de la banque spécialiste des marchés émergents estime qu’il n’y aura pas de «signe d’une reprise véritable dans le secteur des exportations» en 2009. «Dès que l'économie mondiale va être sur les rails, peut-être l'année prochaine, cela va de nouveau pousser l'excédent à la hausse», estime Stephen Green.
L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié ce vendredi les indices composites mondiaux pour le mois de juin et prévoit pour la Chine un possible creux sur 2009. L’indicateur composite avancé pour la Chine a augmenté de 1,1 point en mai 2009, mais il reste de 6,5 points en-dessous de son niveau observé il y a un an.
Pour la zone englobant les pays membres de l’OCDE, l’indicateur composite avancé a augmenté de 0,8 point en mai 2009 mais est inférieur à 7,3 points de son niveau observé en mai 2008. Pour la zone Asie G5 (Chine, Inde, Indonésie, Japon et Corée), l’indicateur composite ressort à 94,5 points, contre 93,6 en avril, et recule de 7,5 points sur un an.
Aude Renard (avec agences)
Publié le 10 Juillet 2009
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