Automobile
Le coup de frein des valeurs automobiles
En effet, sur les cinq premiers mois de l'année, tandis que le nombre d'immatriculations a reculé de 15% en Europe, les actions des constructeurs se sont envolées. Ces prises de bénéfices ont ainsi coûté à Renault près de 11,25% de sa valorisation. Une perte à relativiser compte tenu de la progression de 45% de son titre depuis le début de l'année.
Nouvelle étape pour Peugeot
Peugeot, de son côté, n'a pas bénéficié de l'accueil positif des analystes de sa nouvelle équipe de direction. CM-CIC Securities s'attend ainsi à ce que le groupe franchisse une nouvelle étape dans la recherche de synergies entre Peugeot et Citroën. Le titre du constructeur français a dégringolé de 10,61% cette semaine, tout en affichant une hausse de près de 65% depuis le 1er janvier.
La défiance des marchés pour ces valeurs est générale : Fiat a perdu 9% et BMW 6,95%. Toutefois, leurs actions ont respectivement progressé de 43,9% et 26% depuis le début de l'année. BMW souffre de son positionnement sur les grosses cylindrées gourmandes en carburant. Le groupe allemand a peu profité des primes à la casse, et voit ses ventes s'effondrer de 25% sur les cinq premiers mois de l'année.
Volkswagen contre Porsche
A contre-courant de ses concurrents européens, Volkswagen réalise une double contre-performance. Son titre a vacillé de près de 6% cette semaine, et dévisse de 12,5% depuis le début de l'année. Pourtant, le troisième constructeur mondial a réussi à limiter l'érosion de ses ventes en Europe depuis le début de l'année (- 4%). L'action Volkswagen semble encore empêtrée dans une opération de rachat de sa propre maison-mère, le groupe Porsche. Cette bataille boursière, empreinte de rivalités familiales, inquiète les marchés.
En effet, Porsche traîne une dette de près de 9 milliards d'euros et pourrait lourdement peser sur les comptes de Volkswagen à l'issue d'une opération de rachat. Le constructeur de voiture de sport vient, par ailleurs, d'annoncer une baisse de 27% de ses ventes sur les neuf mois de son exercice 2008-2009. Volkswagen se veut toutefois rassurant et continue de prétendre qu'il sortira renforcé de la crise avec une part de marché plus importante.
Dans le sillage des valeurs automobiles, les équipementiers ont également connu une semaine difficile. Plastic Omnium a lâché 8,44%, tandis que Valeo perdait 9,53%. Michelin a souffert de l'annonce de ses restructurations (près de 2800 emplois détruits), confirmant ses difficultés industrielles. Son titre a reculé de 8,68%.
La publication dans quelques semaines des premiers résultats semestriels dira s'il s'agit d'une pause, ou si le marché bascule vers une correction des valeurs automobiles. Pour l'instant, les chiffres des ventes n'augurent rien de bon.
Nabil Bourassi
Publié le 23 Juin 2009
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