Banques
Lehman Brothers au dernier chapitre de sa vie
On attendait une annonce, de quel ordre fut-il, avant l'ouverture des marchés asiatiques. L'annonce est arrivée, avec un peu de retard, avant l'ouverture des marchés européens.
Faute d'avoir trouvé un repreneur, la banque d'affaires Lehman Brothers vient d'annoncer qu'elle allait demander sa mise en faillite sous le chapitre 11, disposition du droit fédéral qui permet une restructuration. La demande sera déposée devant un tribunal de New York.
Ce n'est pas vraiment une surprise depuis l'annonce, hier, du retrait de la banque britannique Barclays, donnée favorite, des discussions sur la vente de Lehman avec les autorités financières américaines.
Mais l'annonce n'en est pas moins ahurissante. La faillite de Lehman Brothers, au regard de ses actifs (639 milliards de dollars d'actifs à la fin mai), entre dans l'histoire comme la plus grosse faillite d'une banque américaine, largement devant celle Continental Illinois en 1984 (40 milliards de dollars d'actifs).
La liquidation de l'ancienne quatrième banque d'affaires de Wall Street pose la question des conséquences incalculables sur le reste de la finance mondiale, où les activités des banques sont étroitement imbriquées. Les marchés, jusque-là circonspects sur le cas Lehman, plongent dans l'inquiétude, accrue par le rachat de Merrill Lynch par Bank of America, un temps pressenti comme repreneur de Lehman Brothers.
Effet de domino ?
Alan Greenspan, l'ancien président de la Réserve fédérale, a néanmoins déclaré hier, qu'à son avis, 'nous assisterons à d'autres faillites de grands établissements financiers', mais a ajouté que cela n'était pas nécessairement un problème.
'Cela dépend de la manière dont c'est traité et de la façon dont les liquidations se passent', a-t-il dit à la chaîne ABC. 'Et au fond, il ne faut pas chercher à protéger toutes les institutions. Le cours ordinaire de l'évolution financière a ses vainqueurs et ses perdants'.
M.E. (avec agences)
Publié le 15 septembre 2008
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