Dossier
Les banques, actrices essentielles de la RSE
« Développement durable : quand les ONG interpellent les banques » : c’était le thème de la conférence donnée par Novethic le 28 juin 2006 sur la base d’un rapport du WWF. Jules Peck, global policy advisor chez WWF-UK (grande ONG spécialisée dans le développement durable), Eric Flamand, responsable développement durable chez Dexia et Marine de Balezaire, responsable Coordination RSE chez HSBC France avaient notamment été conviés à cette rencontre.

Longtemps considéré comme moins concerné par le développement durable que certaines industries, le secteur bancaire est aujourd’hui exposé en première ligne pour ses choix de financement, qu’il s’agisse des grands projets ou des prêts aux petites entreprises. « C’est réellement devenu un axe stratégique de développement », indique Anne Catherine Husson Traoré, directrice éditoriale chez Novethic.
Premier constat de cette rencontre : les relations ONG-banques sont difficiles à cartographier. «Il est compliqué d’avoir une réelle visibilité car cela dépend beaucoup de la bonne volonté des banques. Cela semble bien fonctionner au Royaume Uni, les banques étant assez ouvertes sur la question. En revanche les ONG ont beaucoup plus de difficultés en Suisse car les banques sont plus fermées », a expliqué Jules Peck. Par ailleurs, l’une des difficultés majeures réside dans le manque de transparence coutumier des établissements bancaires. Les clauses de confidentialité font rempart à toute divulgation ou toute utilisation de l’information.
Eric Flamand a émis plusieurs critiques sur l’étude du WWF. Il regrette tout d’abord que celle-ci ne s’intéresse pas d’avantage à la mise en application des politiques. Il s’interroge ensuite sur la légitimité qu’ont les ONG pour évaluer les banques parallèlement aux évaluations effectuées par les agences de notation : «Les méthodes, les référentiels utilisés, la façon de penser n’est pas du tout la même entre les ONG et les agences de notation présentes en France depuis 1997 ». C’est ce que démontre la différence importante entre les notes attribuées. Alors qu’elles peuvent aller jusqu’à 6,7 pour les agences de notation, la meilleure note attribuée par WWF est de 2,8 sur 10. Eric Flamand remet également en cause la démarche entreprise par WWF, soulignant qu’une évaluation standard a été faite pour toutes les banques sans tenir compte de leur spécificité : « Il faut une approche plus fine qui prenne en compte la finalité de la Banque ».
Publié le 28 Juin 2006
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