Agriculture et biocarburants
Les constructeurs automobiles confirment leur engagement pour les biocarburants
«Comme en 2006, Renault sera présent au Salon international de l'agriculture […]. Très impliqué dans les technologies liées aux biocarburants, Renault y expose une Mégane bioéthanol E85, ainsi que l'une de ses motorisations compatibles au biodiesel B30, le 1.5 dCi 85 ch», souligne le groupe dans un communiqué de presse en date du 26 février.
Le constructeur Peugeot aura également son propre stand où il présentera notamment deux véhicules carburant au bio : la 307 Bio Tech (essence/éthanol) et la 207 CC Hdi FAP (diesel/biodiesel).
Les problématiques de réchauffement climatique étant plus que d’actualité, tous les grands groupes automobiles s’efforcent de mettre en œuvre des solutions afin de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre.
En visite au Portugal au mois de février, le champion de Formule 1 et président du groupe de travail en charge du plan Flex Fuel 2010, Alain Prost, a déclaré que d'ici à 2008, 200 000 véhicules fonctionneront au flex fuel. «Fin 2007, il y aura entre 20 000 et 40 000 voitures équipées et 500 stations-service», a indiqué Alain Prost.
Les premières voitures flex fuel sont attendues pour le printemps
«L’expression «technologie flex fuel» est utilisée pour désigner les véhicules essence qui peuvent fonctionner avec un carburant dont la composition est «flexible», c’est-à-dire dont les proportions essence/éthanol peuvent varier», précise Béatrice Perrier-Maurer, ingénieur technico-économique de l’énergie chez PSA Peugeot Citroën.
Le flex fuel est né aux Etats-Unis. Il a ensuite été introduit en Suède par Ford avant d’arriver au Brésil en 2003. «Compte tenu des conditions climatiques du pays et de son expérience d’une trentaine d’années dans la filière éthanol (basée sur la canne à sucre), le Brésil est aujourd’hui le leader mondial de l’éthanol. Il le produit à des coûts qui sont largement compétitifs avec ceux de l’essence», commente Béatrice Perrier-Maurer avant de poursuivre qu’«il représente aujourd’hui la majorité des ventes de véhicules au Brésil, et pour le groupe PSA Peugeot Citroën plus de 75% des véhicules vendus».Les modèles roulant au bioéthanol de son homologue français, Renault, sont également commercialisés au Brésil.
En France, le marché des véhicules flex fuel en est encore à l’état embryonnaire, mais il est appelé à se développer dès cette année. Au printemps, Renault devrait lancer sa Mégane bioéthanol E85. «Ce modèle, équipé de la motorisation 1.6 16v 110 ch, sera la première offre bioéthanol de Renault en Europe», précise le constructeur automobile, selon qui à «l’horizon de 2009, 50 % de ses véhicules à moteurs essence offerts à la vente en Europe [pourront] fonctionner avec un mélange d’essence et d’éthanol jusqu’à 85%».
Chez Peugeot, on annonce le lancement dès la mi-2007 des premiers véhicules flex Europe, type E85. La marque se dit même prête à l'utiliser du bioéthanol jusqu'à hauteur de 10% dans l'essence, et ce sans modification de la technologie des moteurs.
Entre 500 et 600 pompes d’E85 d’ici à Noël
En effet, la technologie flex fuel semble demander peu de modifications de la part des constructeurs automobiles. «C’est une technologie relativement simple pour le constructeur car elle demande un nombre limité de changements : une modification de la gestion électronique avec réglages moteur en fonction de la composition du mélange carburant essence/éthanol (teneur en oxygène), une adaptation du système d’injection et des matériaux (soupapes, réservoir et circuit carburant, etc)», commente Béatrice Perrier-Maurer.
L’essor du flex fuel passera également par l’apparition de stations-service et de pompes adaptées. En octobre 2006, la première pompe distribuant du E85 a été inaugurée à Paris dans une station service Total. D’ici à la fin 2007, entre 500 et 600 nouvelles pompes devraient faire leur apparition dans le paysage français.
Or, la mise en place d’un système de distribution adéquat a un coût, tout comme les biocarburants à la pompe. «L’éthanol entraîne une surconsommation du véhicule. En contrepartie, son prix à la pompe doit être plus faible que celui de l’essence», explique Béatrice Perrier-Maurer, qui considère que cette problématique concerne les pouvoirs publics.
Côté protection de l’environnement, «les différents travaux réalisés indiquent que l’utilisation de carburant type E85 permet de réduire d’environ un tiers les émissions de gaz à effet de serre», souligne Béatrice Perrier-Maurer. La technologie flex fuel risque donc de faire mal au portefeuille du gouvernement, mais après tout la protection de l’environnement le vaut bien…
C.P.
Publié le 01 mars 2007
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