Dossier
Les enjeux de la responsabilité sociétale des entreprises
(Easybourse.com) Doutes et scepticisme planent quant à la mise en application d’une politique de RSE. Il est difficile d’être certain que les entreprises jouent véritablement le jeu. A ce sujet, les avis sont partagés entre deux camps. Le premier regroupe notamment Nicole Notat, présidente et directrice générale de Vigéeo, Jeff Swartz, président de Timberland (entreprise classée par Forbes Magazine « Entreprise platine » de la « liste des 400 entreprises américaines les mieux gérées »), ou encore John Sunderland, président de Cadbury Schweppes. Tous s’efforcent de croire que la responsabilité sociale est devenue une préoccupation à part entière dans le fonctionnement global de l’entreprise, un moyen objectif d’évaluer les pratiques utilisées par le management dans une optique de pérennisation de la société. « La progression du reporting et de l'audit RSE demandés par les entreprises dans le but d’identifier leurs points forts et leurs points faibles sur le sujet confirme cette tendance », souligne Nicole Notat. Il s’agit de déterminer l’impact de la pression de la demande sociale sur les ventes et la rentabilité à moyen et long terme ainsi que la performance procurée par la prise en compte de considérations sociales et environnementales à long terme.
D’autres se montrent moins enthousiastes. Ils considèrent la RSE comme contraire au « dogme du profit » et comme une « opération de marketing non suivie d'effets réels ». Autrement dit une nouvelle forme de communication manipulatrice destinée à donner bonne figure aux entreprises et à les légitimer auprès du public. C’est notamment l’opinion d'un des leaders clés des ONG au Royaume-Uni, Andrew Pendleton, l'auteur d'un rapport publié par Christian Aid «Behind the Mak : The Real Face of Corporate Responsibility» («Derrière le masque : le véritable visage de la responsabilité sociale des entreprises»). Il affirme que « parce que les normes actuelles sont des normes volontaires, la plupart des entreprises n'y adhérent pas; celles qui veulent y participer s'en affranchissent quand elles le désirent, et les communautés défavorisées n'ont aucun moyen d'obtenir réparation lorsque les entreprises les offensent en toute impunité ».

Une prise de conscience de cette discrimination par les grandes organisations internationales est amorcée. L'OCDE et l'ONU ont réagit à propos des responsabilités des sociétés multinationales à l’égard des populations civiles. Mais Yrk Reddy estime que ces lignes directrices n'ont pas suscité beaucoup d'attention ni de relais et que très peu les reconnaissent explicitement. Plusieurs théoriciens les qualifient même de «green washing», «d'hypocrisie» et «d'exercice de style sans substance».
Publié le 28 Juin 2006
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