Conjoncture
Livret A est désormais rémunéré à 4%
Poussé par l’inflation, le taux de rémunération du Livret A est donc passé ce vendredi matin, de 3,5% à 4%, son niveau le plus haut depuis 1996. Mais il ne s’agit pas là d’une surprise, la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, ayant déjà annoncé à la mi-juillet cette hausse des taux.
«C'est un calcul qui résulte d'une moyenne arithmétique entre les taux courts et le taux de l'inflation [...] qui est en augmentation régulière d'un mois sur l'autre, et je pense que ce sera le cas pendant encore au moins un mois» avait-elle alors indiqué.
«Nous devons tenir compte» de ces deux indicateurs, avait-elle expliqué, avant de conclure que «la moyenne arithmétique des deux nous approche de 4%. Nous avons décidé donc à compter du 1er août de porter le taux d'intérêt du Livret A à 4%.»
Sujet délicat, hautement politique
C’est en août 2003 que cette méthode mathématique de fixation des taux d'intérêt de l'ensemble des livrets d'épargne réglementée a été instaurée par le gouvernement qui souhaitait dépolitiser le sujet.
Dans le détail, le taux du Livret A résulte d’un calcul faisant appel à deux indicateurs, les taux interbancaires Euribor et Eonia, et le taux d'inflation. L'actualisation se fait ensuite sur un rythme semestriel, au 1er août et au 1er février de chaque année.
Un bémol toutefois, dans la mesure où la hausse des taux, bien qu’elle favorise les épargnants, elle augmente également le coût du financement du logement social, ce qui de fait, en limite l’usage. Les fonds du Livret A, centralisés à la Caisse des dépôts, servent en effet à financer la construction de logements sociaux.
Un enjeu de 25 milliards d’euros
Ce passage à 4% du taux de rémunération du Livret A sonne également le début de la bataille ouverte pendant cinq mois entre les distributeurs actuels (les Caisses d'Epargne et La Banque Postale ainsi que le Crédit Mutuel pour le Livret bleu) et les futurs réseaux éligibles (Crédit Agricole, BNP Paribas, Société Générale, etc.) pour capter le plus d'épargne dans leur bilan avant la banalisation du livret en janvier 2009.
Ainsi, pour les banques historiquement distributrices de ce livret, l'objectif est surtout d’engranger un maximum d’encours d'épargne de Livret A dans leurs comptes 2008. Car plus les volumes détenus seront grands, moins ils auront à partager avec les nouveaux entrants...
En chiffre, les gains potentiels dans les bilans des banques sont démesurés, pouvant atteindre jusqu’à 25 milliards d'euros. Une coquette somme qui pourrait passer des mains des distributeurs historiques à celles des nouveaux entrants…
A l’heure actuelle, quelque 46 millions de Français possèdent un Livret A, produit qui cumule des dépôts évalués à 120 milliards d'euros.
C.S.
Publié le 01 Août 2008
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