Banques
Merrill Lynch cède pour 8 milliards d'actifs
L’une des principales banques d’affaires outre-atlantique, Merrill Lynch, a publié après clôture de Wall Street, une perte nette de 4,89 milliards de dollars au deuxième trimestre, et 9,75 milliards de dépréciations supplémentaires.
La banque serait la plus atteinte par la crise financière, avec quelque 40 milliards de dollars de dépréciations passées depuis le début de la crise des subprimes, il y a un an.
A cette époque, la banque installée à New York avait réalisé un bénéfice de 2,07 milliards de dollars.
Mais alors que les analystes tablaient sur une perte nette par action, de 1,91 dollars au maximum, celle-ci s’est en réalité établie à 4,97 dollars.
Prompts à régir, les investisseurs ont fait perdre au titre, lors des échanges électroniques d'après bourse, jusqu'à 9% alors qu'il avait bondi de 10%, à 30,73 dollars, en clôture officielle, dans le sillage du rebond des bancaires.
A l’occasion d'une conférence téléphonique, John Thain, le PDG de Merrill Lynch, a admis avoir «connu un trimestre difficile, particulièrement en juin». Il juge néanmoins que sa banque est bien capitalisée, sans exclure une recapitalisation supplémentaire si nécessaire.
Le groupe a par ailleurs rappelé la série de dépréciations qu’elle a dû subir, dont 3,5 milliards sur son portefeuille de produits dérivés adossés à des actifs (ABS CDO), 2,9 milliards en raison de son exposition aux rehausseurs de crédit, 1,7 milliard sur ses investissements dans des banques américaines et 1,3 milliard sur ses investissements dans l'immobilier.
Dès lors, l'accumulation de pertes a conduit Merrill Lynch à se défaire d'actifs, soit près de 8 milliards de dollars (5 milliards d'euros) d'actifs et de participations. La troisième banque d'investissement américaine a précisé avoir déjà cédé sa participation de 20% dans le groupe d'informations financières Bloomberg pour 4,425 milliards de dollars.
Elle serait également entrée en discussions pour la cession, pour environ 3,5 milliards, d'une participation de contrôle dans Financial Data Services, société spécialisée dans les services administratifs pour les activités de fonds mutuels et de banque de détail du groupe.
En revanche, concernant les 49% détenus par Merrill dans le fonds d'investissements BlackRock, la banque a confirmé ne pas vouloir s’en séparer.
C.S. (avec agences)
Publié le 18 Juillet 2008
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