L’industrie des jeux vidéo
Pas de soluce, mais des tips pour créer un jeu qui play

Une savante dose d’imagination, un zeste de pixel bleu, des graphismes bluffants, une octave de musique originale. Pour faire d’un jeu vidéo un succès, il n’existe évidemment pas de recette miracle. Par contre, «il est possible d’optimiser ses chances en analysant
bien ce qu’attendent les joueurs visés, en choisissant les bons éditeurs (c’est d’ailleurs plutôt eux qui vous choisissent !), en essayant de soutenir le jeu après sa sortie et en faisant les bons choix techniques lors du développement», concède Patrick Pligersdorffer (cf interview ci-contre), le PDG de Cyanide, un studio de développement français connu notamment pour sa série des Cycling Manager.
Des propos étayé par ceux de Cédric Lagarrigue (cf interview ci-contre), le directeur général de Focus Home Interactive, un éditeur indépendant français (10 millions d’euros
de chiffre d’affaires avec des titres tels que TrackMania, Cossacks ou encore Runaway), selon qui «il faut un excellent jeu dont le thème intéressera un large public et il faut également le soutenir de manière efficace».
Une cible essentiellement jeune et masculine
Chez Cyanide, pour optimiser leurs chances de réussite, «[ils] élabor[ent] d’abord une liste de concept qu’[ils] aimer[aient] développer. Ensuite, [ils] essay[ent] de définir le public que chaque concept vise et de savoir si ce public est assez large pour [leur] permettre de recouper nos coûts de développement». Le public ? Sans surprise, les joueurs sont jeunes et masculins.
Médiamétrie a publié en août une synthèse sur le profil et l'équipement des joueurs vidéo en France. Selon la société de mesure d'audience, au premier trimestre 2006, près de 13 millions de personnes de plus de onze ans ont déclaré avoir pratiqué un jeu vidéo au cours du dernier mois. Ils sont en majorité jeunes (50% ont moins de 24 ans) et près des 2/3
sont des hommes (64,7%). «En moyenne, chaque jour 3,8 millions de Français jouent à un jeu vidéo». La pratique quotidienne de jeux vidéo est surtout répandue chez les 13-19 ans (plus d’un million chaque jour), et aussi auprès des 35-49 ans (près de
900 000 joueurs chaque jour en moyenne).
Quant à l’équipement des ménages français, la moitié dispose d'un micro-ordinateur, 28,1% d'entre eux possèdent une console de jeux TV, et 14% une console de jeux portables. Environ un foyer sur dix (9,5%) est équipé des trois à la fois.
Les jeux sur PC, plus adultes, plus novateurs, plus nombreux
Pour beaucoup de concepteurs et d’éditeurs de jeux vidéo, le PC reste le cœur de cible. Cédric Lagarrigue confie «aim[er] les jeux sur PC, souvent beaucoup plus adultes que sur consoles», et puis, « le marché [y] est stable, les risques financiers [y] sont moins importants que sur les consoles et cela permet à des jeux de niche d’exister».
De son côté, Patrick Pligersdorffer explique que ce support «correspond bien au type de jeu que [Cyanide] [a] choisi […], des jeux à nombreuses interactions avec
l’interface et où le couple clavier/souris reste la meilleure méthode de contrôle». Et il faut dire que la méthode de contrôle importe beaucoup aux joueurs. Selon Yves, 25 ans, la «jouabilité du jeu est très importante. Si la prise en main n'est pas immédiate, [il][s]e lasse très vite».
Par ailleurs, «le PC reste le meilleur support pour innover. Sur console, il y a moins d’éditeurs et très peu sont enclins à prendre des risques sur des concepts qui ne rentrent pas dans leurs cases marketing prédéfinies», poursuit Patrick Pligersdorffer. Un avis que partage également Yves pour qui l’ «offre de jeux sur console est trop limitée». Lui, aime les jeux de rôle, avec une nette préférence pour Diablo 2, parce que «c’est peut-être le seul genre dans lequel le personnage incarné évolue au fur et à mesure du jeu». D’autre, comme Laetitia, 25 ans, indique avoir «touché à plein de styles différents», mais préfère les «jeux de détente, comme Sims, ou de réflexion, comme Sim City». Et surtout elle ne veut pas passer son temps à «couper la musique parce qu’elle est insupportable», cela d’autant plus «quand on passe des heures devant la console à jouer».
Au regard des charts (cf tableaux ci-contre), «les FPS (First Person Shooters) sont très vendeurs, ainsi que les jeux de sport et les jeux d’action-aventure». Mais plus que le genre, c’est surtout la durée de vie du jeu qui va faire la différence auprès des joueurs au moment de l’achat. Un jeu qui se termine en une semaine, pour ensuite le garder dans un placard ou le revendre un quart du prix, ça ne les intéresse pas.
M.E.
Publié le 28 Juin 2006
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