Télécommunications
Quatrième licence 3G : Virgin Mobile confirme son intérêt
«Nous sommes toujours dans la même posture: nous examinons le dossier de façon très favorable, nous le regardons de très près», a déclaré Philippe Maugest, secrétaire général de l'opérateur mobile sans réseau (MVNO) lors d'une conférence télécoms organisée par Les Echos.
«Nous discutons avec un certain nombre de partenaires», a-t-il ajouté, citant le câblo-opérateur Numericable et des groupes étrangers. «Nous nous agitons pas mal autour de ce dossier. C'est une décision que nous prendrons une fois l'appel d'offres lancé», a poursuivi Philippe Maugest.
Le 10 juin dernier, le PDG de Virgin mobile France, Geoffroy Roux de Bézieux s’était rétracté sur l’intérêt qu’il avait montré pour l’acquisition de la troisième licence au mois d’avril. Raison de ses hésitations, la difficulté pour un quatrième opérateur de s’implanter aux côtés des trois opérateurs historiques, l’augmentation du prix de la licence à la mi-juin et la résiliation de sa clause d’exclusivité avec Orange.
Le président de l'Autorité des télécoms (Arcep), Jean-Ludovic Silicani, a déclaré récemment s'attendre à deux candidatures. Iliad, maison mère du fournisseur d'accès à internet Free, fait figure de favori après avoir été l'unique candidat au premier appel d'offres lancé sans succès en 2007. Outre l'intérêt déclaré de Virgin Mobile et de Free, le groupe Bolloré s'intéresserait lui aussi à la quatrième licence.
Philippe Maugest a jugé «cohérent» le prix de 240 millions d'euros recommandé par la Commission des participations et des transferts (CPT), chargée de conseiller l'Etat pour l'estimation de ses actifs, faisant écho aux propos d'Iliad.
France Télécom mécontent
Ce prix, relevé par rapport à une première estimation de 206 millions d'euros, servira de base à l'appel à candidatures que le gouvernement compte lancer d'ici la fin du mois. Mais il suscite le mécontentement des détenteurs des trois licences existantes (Orange, SFR et Bouygues Telecom), qui avaient déboursé 619 millions d'euros chacun en 2001 et 2002.
La différence s’explique par le fait que cette quatrième licence ne porte que sur un tiers des fréquences disponibles, le reste étant divisé entre les trois dépositaires historiques. France Télécom a fait savoir qu'il pourrait porter plainte auprès de la Commission européenne si ce montant était confirmé.
Après l'échec de l'appel d'offres de 2007, c'est cette fois une mini-licence qui sera mise en vente puisqu'elle représente un tiers du spectre disponible, soit cinq mégahertz réservés à un nouvel entrant, plus cinq mégahertz rétrocédés par les opérateurs existants.
«Les critères économiques et techniques sont relativement incertains», a toutefois ajouté Philippe Maugest, citant le prix des terminaisons d'appel pour le nouvel entrant -les tarifs facturés par un opérateur à un concurrent pour acheminer un appel d'un de ses clients- et le développement du réseau, estimant que la pose de 2 000 à 3 000 antennes seraient nécessaires au nouvel entrant.
Le porte-parole du gouvernement Luc Chatel avait annoncé en mai dernier que les appels d’offre seront lancés avant la fin juillet pour que l’accès au réseau soit mis en œuvre dès janvier 2010.
A.R. (avec agences)
Publié le 02 Juillet 2009
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