Banques
2008 : année de vaches maigres pour les banques françaises
En Europe, les banques françaises sont parmi les plus touchées par la crise du crédit en 2007 d’après Standard & Poor‘s. Celle-ci a d’ailleurs procédé à une révision de ses perspectives de notation sur Crédit Agricole, les Caisses d'Epargne et Natixis.
Des «performances contrastées» en 2007
L'impact cumulé de la crise des marchés financiers sur les résultats 2007 des six premières banques françaises (Crédit Agricole, Société Générale, Caisse d’Epargne, Groupe Banque populaire, BNP Paribas, CMCEE-CIC) se chiffre à 11 milliards d'euros tandis que leur résultat brut d'exploitation (RBE) après coût du risque a chuté de 20% en 2007.
Toutes les banques françaises ne sont pas égales devant la crise : Crédit Agricole, Société Générale, Groupe Banque Populaire et Groupe Caisse d'Epargne ont été particulièrement touchées et relativement tôt tandis que d’autres comme BNP Paribas ont bien résisté. L'établissement dirigé par Baudoin Prot a même annoncé «la meilleure performance de son histoire» avec notamment un résultat net de 7,8 milliards d’euros en 2007 (dont 1 milliard d’euros au quatrième trimestre).
Et s’est payé le luxe de devenir la «6ème marque bancaire mondiale» d’après l’institut Brand Finance (soit une place de mieux qu’en 2006). La Société Générale est un cas à part du fait de la fraude massive du trader Jérôme Kerviel, qui a coûté plusieurs milliards d’euros à la Société Générale en plus de son exposition aux crédits hypothécaires à risque américains.
De la même façon, toutes les activités des banques ne sont pas concernées. Il s’agit avant tout des activités de BFI, dont les pertes ont parfois été importantes. En effet le résultat brut d'exploitation après provisions de la BFI a chuté de 128% pour Caisse d'Epargne et Banque Populaire/Natixis et de 179% chez Calyon.
Des résultats «en demi-teinte» en 2008
L’année 2008 devrait être une année difficile pour des banques françaises affaiblies, disposant encore d’actifs à risque et confrontées à la détérioration des conditions de refinancement, c’est-à-dire à la crise interbancaire. Les banques centrales, Fed en tête mais également la BCE, tentent de juguler cette crise via des injections massives de liquidités.
Autrement dit «le contexte domestique et international rendra difficile une croissance purement interne des résultats et bénéfices». Des opérations de croissance externe sont-elles probables ? Le temps ne semble pas s’y prêter même si Bear Stearns a été racheté pour une bouchée de pain et que les rumeurs circulent sur l’avenir de la Société Générale (à laquelle BNP Paribas ne s’intéresse définitivement plus) et d’UBS (qui pourrait être racheté par Credit Suisse).
Les résultats 2008 seront en retrait par rapport à l’année 2007. S&P «n’exclut pas la possibilité de nouvelles dépréciations d'actifs sur les métiers déjà touchés l'année dernière» c’est-à-dire sur les actifs des BFI et ceci «bien que la couverture des expositions résiduelles semblait adéquate à la fin de 2007».
Deux points positifs : les marchés émergents devraient faire preuve de «résilience» et l’agence «n'anticipe pas de récession mondiale ». Seulement une «récession nette mais de courte durée aux Etats-Unis, avec un ralentissement de la croissance en Europe».
Laure Gaillard
Publié le 20 mars 2008
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