Tourisme
Un plan Marshall pour doper le tourisme français ?
Le tourisme n’est pas une activité économique comme les autres. Elle représente 6,5 % du PIB français et est un des piliers les plus stables de l'économie hexagonale avec 8 milliards d’euros de recettes et des centaines de milliers d’emplois.
Malgré cela, le tourisme est négligé par les pouvoirs publics. Ou plutôt était puisque la ministre de l'économie Christine Lagarde et le secrétaire d'Etat au tourisme Luc Chatel se sont penchés au chevet de cette grande oubliée des plans de croissance et ont dressé un plan d’action intitulé «Destination France 2020». Un plan ambitieux visant à «faire de la France le leader européen du tourisme en termes de recettes».
L'activité touristique, la grande oubliée des plans économiques
Les choses changent et bougent au sein de ce secteur économique atteint depuis plusieurs années par la somnolence. C’est un signal de réveil que le secrétaire d'Etat au tourisme Luc Chatel a voulu faire passer aujourd’hui à l’occasion du salon international du tourisme (MIT International) au cours duquel il a entre autres lancé l’opération Mit’Coms qui récompense les meilleures brochures touristiques françaises et étrangères des tours opérateurs, c’est-à-dire celles qui vendent le mieux la «destination France» à l’étranger.
Autre annonce : le MIT International va fusionner dès l’an prochain avec le Salon mondial du tourisme pour donner naissance au Salon «le Monde à Paris» (MAP) , un salon à destination des professionnels et du grand public qui se tiendra en mars prochain à la porte de Versailles.
Dans la même veine le gouvernement souhaite que l’offre touristique de la France soit davantage tournée vers les attentes des touristes. C'est l'objet de l’étude «Destination France 2020».
«Destination France 2020» : un «plan Marshall» pour doper le tourisme ?
Destination France 2020, une étude de plus ? Non. Le gouvernement français a mis le paquet en faisant appel au terme d’un appel d’offres à un cabinet de conseil américain Boston Consulting Group pour dresser un état des lieux et un suivi «stratégique de la demande touristique dans les quinze prochaines années», indique le ministère de l'Economie dans un communiqué.
Un vaste chantier qui couvre «l'ensemble du secteur du tourisme», les transports, l'hébergement, les loisirs et la restauration et dont les conslusions doivent être remises début mars après un rapport d'étape début février.
A terme le gouvernement veut résoudre une contradiction, celui d’un pays numéro un mondial en nombre de visiteurs (79,1 millions en 2006), mais «seulement» au troisième rang des recettes touristiques, derrière les Etats-Unis et l'Espagne.
En effet selon l'Organisation mondiale du tourisme (OMT), les recettes touristiques de la France se sont élevées en 2006 à 46,3 milliards de dollars (31,4 milliards d'euros), contre 51,1 milliards (34,6) pour l'Espagne et 85,7 milliards pour les Etats-Unis (59,5). Plus grave «ces dix dernières années, le tourisme est passé de 7,3% à 6,3% du produit intérieur brut».
Laure Gaillard
Publié le 10 janvier 2008
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