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Vers une réglementation internationale ?


(Easybourse.com) Dernièrement, la Républiques Fédérale d’Allemagne a pris différentes initiatives pour encadrer plus étroitement l’activité des hedge funds. Des mesures qui ont été saluées par de nombreux experts, notamment ceux de la Banque de France et de l’AMF.

Pour échapper aux règles domestiques trop contraignantes des fonds de placements collectifs et maximiser les performances de leur portefeuille en contrepartie d’un risque élevé, près de 68% des fonds spéculatifs ont décidé de se domicilier dans des centres offshore, comme les îles Jersey ou Caïman. Ce qui laisse penser à certains experts que certains de ces hedge funds n'exercent que des activités dépourvues de tout cadre légal. 
 
Selon Joachim Hacker, ministre conseiller pour les affaires économiques à l'ambassade d’Allemagne, «il faut améliorer la transparence du secteur». Pour sa part, Hubert Reynier précise que «la transparence est nécessaire pour connaître la position de ces investisseurs dans le capital des sociétés cotées afin de déterminer  pourquoi ils détiennent ces parts, comment ils ont procédé pour les détenir, pour quelle durée ils envisagent cette détention...».

La question de la transparence se pose donc afin d’anticiper et d’appréhender les risques et dans le but de protéger les petits investisseurs. Mais les experts sont unanimes : la réglementation doit être élaborée au niveau international.

Une réglementation de dimension internationale

Selon Sylvie Matherat, la directrice de la surveillance générale du système bancaire au sein de Commission bancaire de la Banque de France, «la solution la plus pragmatique et la plus efficace est de passer par un consensus mondial. La régulation ne peut être mise en oeuvre au niveau national ou européen en raison de la dimension internationale des hedge funds. Ces opérateurs peuvent se localiser n'importe où ils le souhaitent ».

L’exemple en est donné avec Man Investments, le leader mondial indépendant en terme de placements alternatifs avec plus de 61 milliards de dollars d’encours sous gestion. Hakim Bendriss, Senior Institutional Relationship Manager au sein de Man Investments indique que «le groupe a, comme un grand nombre de hedge funds importants, une approche globale et est présent dans tous les principaux centres financiers de la planète».

Le renforcement de la transparence suppose tout d’abord une réglementation directe sur les hedge funds. Ainsi, pour Sylvie Matherat, «nous devons amener les hedge funds à mettre en place eux-mêmes des systèmes de contrôle internes et des systèmes de bonne conduite. Nous devons nous appuyer sur les meilleurs, les plus transparents pour tirer vers le haut ceux qui le sont moins.
Ainsi, les informations portant sur les limitations des risques que les hedge funds s'autorisent devront être communiquées».

La transparence sera également garantie par une réglementation indirecte, sur les contreparties des hedge funds, et en particulier les banques.

Selon Sylvie Matherat, «parce qu’il n’est pas possible de tout réglementer et d’être derrière chaque opérateur dans chaque type d'opération, nous prônons l'idée d'une supervision indirecte qui nous semble à terme la voie la plus opérationnelle. Les banques doivent avoir une vision globale de leurs expositions aux hedge funds».

Et Jean-Florent Rérolle, Managing Director de Houlihan Lokey Howard & Zukin, d'ajouter : «Le contrôle le plus efficace est celui qui est organisé par les partenaires des hedge funds. Leur vigilance doit s’exercer sur la stratégie d’investissement, le contrôle des risques et le processus de valorisation des actifs». Pour cela, les banques doivent mettre en place des stress tests efficaces, dont les résultats doivent être portés à la connaissance du senior management. Le risque de perte par rapport aux fonds propres, en raison de la position détenue, peut être important. C'est pourquoi il faut aller dans le sens d'une modélisation de cette position.

Pour Joachim Hacker, le renforcement de la transparence devra également  passer par une notation des hedge funds par les agences spécialisées.

Une réglementation qui se heurte à une série de débats

Selon Hubert Reynier, secrétaire général. adjoint de l’AMF, l’un des principaux obstacles auxquels se heurte l’élaboration de cette éventuelle réglementation réside dans le fait  «qu’ il y a une réelle difficulté pour savoir exactement de quoi nous parlons. Nous n’avons pas de vision claire sur les objectifs à atteindre».

Au-delà de la sémantique, que doit-on entendre exactement par hedge funds, par activisme, par régulation ?

Les obstacles sont géographiques : les activités de ces acteurs sont globalisées et la capacité d’arbitrage entre les juridictions rend la tache on ne peut plus rude.

Par ailleurs, il existe un véritable problème de connaissance de ces acteurs, des problèmes statistiques en particulier : «nous ne savons pas exactement ni qui ni combien ils sont. Des chiffres circulent, mais nous n'avons pas d'idée exacte sur l'ampleur des engagements pris par les hedge funds, en particulier sur les marchés de gré à gré», déclare Sylvie Matherat.

L’élaboration d’une éventuelle réglementation internationale se heurte également à de farouches oppositions. Pour certains experts, une réglementation nuirait à la performance des hedge hunds. Une auto régulation par les marchés serait préférable et satisfaisante. Ainsi, selon Jean-Florent Rérolle, «l’intérêt d’un hedge fund, c’est justement qu’il ne soit pas réglementé, qu’il puisse travailler avec souplesse. Une réglementation trop sévère pourrait tuer ces acteurs et avec eux les bénéfices que l’on en retire».

Pour autant, selon Hakim Bendriss, «théoriquement, trop de réglementation peut potentiellement nuire à la performance, limitant par exemple les possibilités d’investissements. Mais aujourd’hui, les principaux organes régulateurs ont travaillé dans l’optique de contrôler les risques tout en préservant les capacités de performances. Dès lors, toute réglementation bien faite ne peut que profiter à l’activité des hedge funds».

I.H.

 

Publié le 25 Juin 2007 Copyright © 2007 logo easybourse


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