Agacée, l'Allemagne défend son modèle
(Easybourse.com) Alors que les 27 viennent d'accoucher d'un accord pour soutenir la Grèce, les Allemands jugent malvenues les critiques de leurs partenaires. Berlin invite les pays de la zone euro à imiter l'Allemagne afin de dynamiser leur propre économie conformément à l'esprit des traités.
«Mais vendez vos îles espèces de Grecs en faillite» titre le tabloïd allemand Bild, rapportant des propos de députés. Tel un huissier, Bild estime que la vente de l’Acropole d’Athènes pourrait rapporter 100 milliards d’euros. Plus qu’il n’en faut pour renflouer les caisses du pays en faillite, et ainsi éviter de solliciter, une nouvelle fois, le contribuable allemand.
Une nouvelle fois ? Dans l’esprit de l’opinion publique, l’Allemagne contribue déjà pour une grande part au budget de l’Europe qui finance de nombreux projets de modernisation d’infrastructures dans des pays comme la Grèce. D’autres pays comme la France contribuent également au budget de l’Union Européenne, mais sont des bénéficiaires nets, grâce aux retombées de la politique agricole commune qui bénéficie largement aux agriculteurs français.
Les PIGS en accusation
Les médias et la droite conservatrice allemande se sont beaucoup émus du risque de contagion de la crise financière grecque à des pays comme l’Espagne et le Portugal. Ils ont mené une véritable campagne pour dénoncer l’ «irresponsabilité» des gouvernements de ces pays appelés les PIGS (Portugal, Irlande, Grèce et Espagne), dont l'absence de réformes a fait prendre des risques à l'Allemagne en raison de leur appartenance à l'euro.
«La question est plutôt de savoir comment les autres pays peuvent atteindre ce résultat» déclare le porte-parole de la Chancellerie en faisant valoir les performances économiques du modèle allemand. Une manière d’inviter ses partenaires à suivre son exemple : maîtrise des coûts salariaux, formation professionnelle et apprentissage axé sur le secteur industriel, rigueur des comptes publics…
Des traités trop ambitieux?
Que le gouvernement soit de droite ou de gauche, les efforts sur la flexibilité du travail et le budget ont été constants, la collaboration des syndicats aidant. Les exportations allemandes sont passées de 23,1% du PIB en 1994 à 47,3% du PIB en 2008, et le chômage est passé de 5 millions de personnes à 3 millions entre 2005 et 2008.
Montrée du doigt, l’Allemagne veut mettre en avant sa solitude dans une zone euro où le laxisme s’est trop souvent substitué aux réformes qu’avaient exigé le traité de Maastricht et la stratégie dite de Lisbonne en 2000. Ces traités qui ont été adoptés par l’ensemble des pays de la zone euro étaient-il trop ambitieux? Ce qui est sûr, c'est que leur écriture porte sans conteste le sceau de Berlin…
Nabil Bourassi
Publié le 16 Mars 2010





