Le PIB US déçoit avec 2,4% de hausse au deuxième trimestre
(Easybourse.com) L'économie américaine continue de croître mais à un rythme moins soutenu que prévu. Toutefois, un taux de 2,4% de croissance annuelle ressemble davantage à une correction qu'à une menace pour l'économie américaine.
La Fed avait bien raison de s'inquiéter, le PIB fait « grise mine » aux USA et déçoit. Sa progression au deuxième trimestre est de 2,4% en rythme annuel par rapport au premier trimestre contre 2,5% prévu.Des signes avant-coureurs avaient déjà annoncé la couleur. Dernier en date, l'indice de confiance des ménages publié en début de semaine qui s'affichait en baisse pour le deuxième mois consécutif. La consommation reste le moteur traditionnel de l'économie américaine, le recul de cet indice ne présageait donc rien de bon. La hausse de la consommation des ménages a d'ailleurs ralenti au deuxième trimestre, à 1,6%, contre 1,9% pendant l'hiver.
La tendance n'est plus à 3,5% de croissance aux USA, mais plutôt à 2,5%. 
Pour autant, le chiffre du premier trimestre du PIB a été relevé de 2,7% à 3,7%. C'est une révision étonnante pour Dominique Barbet, chef économiste chez BNP Paribas. «Il ne faut donc pas trop être pessimiste sur le chiffre du deuxième trimestre. La croissance américaine n'est pas remise en cause. Elle est davantage mise en perspective». Dans une économie aujourd'hui en désendettement, il est normal que les taux de croissance soient plus faibles qu'auparavant. Les ménages et les entreprises faisant moins appel au crédit. «La tendance n'est donc plus à 3,5% de croissance pour les Etats-Unis mais plutôt à 2,5%.»
Rien ne sert alors de broyer du noir. Ben Bernanke avait déjà indiqué la semaine dernière que la Federal Reserve était prête à prendre les mesures nécessaires pour éviter une rechute de l'activité économique. Il avait par ailleurs précisé: «On continuera d'observer une croissance économique modérée une fois passés les effets de la crise financière européenne». La crise financière en Europe s'est donc diffusée sur les indices macro-économiques américains. Une première dans ce domaine. D'ordinaire, la contamination se transmet d'Ouest en Est. Preuve peut-être que le village devient de plus en plus global…Pour autant, selon Dominique Barbet, «la crise financière européenne ne devrait atteindre les côtes américaines que bien plus tard. Et surtout, le durcissement des politiques budgétaires européennes ne devraient impacter qu'à la marge l'économie américaine».
Toute chose égale par ailleurs
A titre de comparaison, la Belgique vient d'annoncer son taux de croissance au deuxième trimestre à 2,4% en rythme annuel. Il a été salué par l'ensemble des experts, tout le monde se réjouit du bon résultat. Il présage d'un chiffre de croissance européenne du même ordre (ce dernier sera publié la semaine prochaine). L'échelle de grandeur demeure bien différente des deux côtés de l'atlantique. Pour un taux de croissance équivalent soit 2,4% de hausse du PIB, d'un côté on s'emballe, de l'autre on est déçu. Pour l'économiste de BNP Paribas, « il ne faudrait pas pour autant que l'un sombre dans un trop grand pessimiste et que l'autre plonge dans un optimisme béat». Tout reste à être confirmer, en particulier pour l'Europe…
Stéphanie Villers
Publié le 30 Juillet 2010





