La Réserve fédérale américaine laisse planer de fortes incertitudes
(Easybourse.com) L'intervention de la Fed hier soir, par le biais d'un communiqué, ne semble pas avoir suffisamment rassuré les marchés. Si la Banque centrale américaine a signalé conserver son taux directeur à un niveau plancher jusqu'à la mi-2013, et disposer d'autres outils pour soutenir l'économie américaine. Pour autant, les doutes et les incertitudes persistent sur le comportement à venir de l'institution.
La politique monétaire de la Fed devrait demeurer ultra accommodante encore un certain temps. Telle a été la décision prise à l'issue du cinquième comité de politique monétaire (FOMC) de l'année.Avec une économie américaine qui a du mal à redémarrer- le PIB a augmenté de 1,3% au 2ème trimestre, et de 0,8% au 1er trimestre, et le taux de chômage se maintient au-dessus de 9%-, le taux directeur de la banque centrale américaine restera à un niveau plancher proche de 0 jusqu’en 2013, soit encore 2 ans. C’est le premier engagement que prend la Fed en termes de date.
La Fed a également précisé qu'elle continuerait à réinvestir à hauteur des titres de dette qu’elle détient actuellement en portefeuille et qui arrivent à maturité. En cela, la Fed pourrait se focaliser dans les achats d’obligations à long terme.
Un discours encourageant
Dans un environnement dominé par l’incertitude, où les investisseurs ont horreur de la politique de l’autruche, le communiqué diffusé par la Fed est jugé très intelligent par Bernard Delattre, président d’Altimeo AM. «La crise qui s’est dessinée récemment est une crise essentiellement politique. Le discours de Bernanke a l’énorme avantage d’être emprunt d’un langage de vérité».
Pour ce dernier, même si l’horizon est relativement gris, ce communiqué permet de fixer un cap. «Le pont est bien nettoyé. L’équipage peut alors s’organiser. Autrement dit les investisseurs peuvent bâtir leur stratégie d’investissement suivant un calendrier».
Des incertitudes qui persistent
Ben Bernanke, le responsable de l'institution américaine a, par ailleurs, signalé dans ce fameux communiqué, que des mesures non conventionnelles pourraient être mises en oeuvre dans les semaines à venir.
Pour la banque américaine Goldman Sachs, le scénario d’un QE3 (une troisième phase d’assouplissement quantitatif qui se traduirait par le rachat massif de bons du Trésor américain) serait un scénario de plus en plus probable fin 2011, début 2012.
Sylvie Golay Markovic, économiste chez Credit Suisse, et Nil Bayik, économiste chez Groupama AM, pensent que la Banque centrale américaine n’a pas à ce stade suffisamment d’éléments pour déclencher et justifier un QE3.
«Nous ne voyons pas aux Etats-Unis d’environnement récessionniste mais une perte de vitesse. Nous continuons à avoir une contribution positive des exportations nettes et des investissements. La consommation pourrait s’améliorer par le biais de la baisse des matières premières, notamment du pétrole», note Sylvie Golay Markovic.
«Les taux longs n’ont pas monté. Nous n’avons pas de craintes de déflation. Les anticipations d’inflation sont autour de 2%», complète Nil Bayik.
«Il est tout à fait concevable que ce marché fasse pression pour amener Mr Bernanke à appuyer sur le bouton», rétorque cependant Matthieu Rolin, gérant actions chez Prigest.
Tel n’est pas l’avis de Patrice Gautry, chef économiste d'Union Bancaire Privée. «Nous avons pu voir le peu d’efficacité du QE2. 600 milliards de dollars avaient été injectés et l’activité a très faiblement rebondi. Il n’est pas du tout certain que donner de la liquidité soit la solution pour résoudre le problème des ménages américains qui ont besoin de pouvoir d’achat, de revenus et de créations d’emplois. La liquidité reste parquée au sein des institutions bancaires et arrive peu à se diffuser dans l’économie réelle».
«Nous pourrions imaginer une coopération transatlantique entre le continent européen et le continent américain sur des mesures communes. Dans un contexte de mondialisation, des mesures mondiales sont nécessaires», avance alors Bernard Delattre, président d’Altimeo AM.
Aux dires de Jacques Cailloux, chef économiste sur la région Europe au sein de Royal Bank of Scotland, «il n’est pas impossible que de nouvelles annonces soient faites à l’occasion de la réunion des grands banquiers centraux à Jackson Hole le 26 août prochain».
Imen Hazgui
Publié le 10 Août 2011
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Derniers commentairesAccès aux forums
market a dit:
En fait donner plus d argent aux plus pauvres prouveraient que les choses s améliorent or tant que cela ne sera pas réalisé les grosses difficultés de la vie persisteront et ce dilem est valable pour n importe lequel des pays de la planète à mon sens.





