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Le risque d'un retour en récession se rapproche à grand pas

Le risque d'un retour en récession se rapproche à grand pas

(Easybourse.com) Le pessimisme gagne du terrain en bourse. Les investisseurs s'interrogent de plus en plus sur l'état de santé de l'économie mondiale. Mardi, la croissance de l'Allemagne, locomotive de l'Europe, se révélait bien inférieur qu'attendu. Jeudi, Morgan Stanley faisait état d'une révision en baisse de ses prévisions mondiales. Parallèlement Standard & Poor's revenait défavorablement sur ses estimations concernant l'économie américaine. Vendredi c'est au tour des analystes de Citigroup et de JP Morgan d'ajuster leurs évaluations.

Les mauvais indicateurs macroéconomiques se sont multipliés de part et d’autre de l’Atlantique. L’Office fédérale des statistiques (Destatis) a indiqué mardi 16 août que la croissance du produit intérieur brut allemand n’avait augmenté que de 0,1 % au deuxième trimestre contre 0,5% prévu. Les performances du premier trimestre ont été également revues à la baisse.

Jeudi, l’indice Philly Fed qui rend compte de l’activité quotidienne la région de Philadelphie a été fortement orienté à la baisse. «L’indice a atteint le plus bas niveau depuis mars 2009. La chute a été plus forte que lors de la chute de Lehman Brothers en octobre 2008. Le choc est considérable. A chaque fois que cet indice tombait à ce niveau, on était ou on allait en récession» commente l’économiste Jean-Pierre Petit.

Les chiffres de l’emploi n’ont pas été non plus de bon augure. Aux Etats-Unis, 408 000 inscriptions au chômage ont été enregistrées au cours de la semaine du 13 août, ce qui estsupérieur au consensus de 400 000. Le chiffre de la semaine précédente a été révisé de 395 000 à 399 000. Au Royaume-Uni, l'Office National de Statistiques a recensé 1,56 million d'inscrits aux allocations chômage au Royaume Uni en juillet représentant un taux en hausse de 0,1 point à 4,9% de la population active.

Cette succession de statistiques négatives ont conduit d’importantes institutions à réviser drastiquement à la baisse leur prévisions de croissance pour 2011 et 2012. La banque Morgan Stanley prévoit désormais une croissance du produit mondial brut de 3,9% en 2011, contre 4,2% auparavant, et de 3,8% en 2012 au lieu de 4,5%. Le PIB des pays développés ne devrait croître que de 1,5% en 2011 et de 1,5% à nouveau en 2012.

« Il est indéniable que le risque d’un retour en récession s’est accentué » atteste alors Frédérik Ducrozet, économiste à la recherche marchés de Crédit Agricole CIB.

Une récession à imputer aux politiques

C’est semble-t-il la crise de confiance politique qui a aggravé la situation macroéconomique. «L’économie américaine au mois de juillet commençait à montrer des signes de rebond au niveau de l’emploi, de la production industrielle et des ventes de détail. Le débat complètement stérile des autorités politiques autour du plafond de la dette a totalement remis en cause la situation. On n’agite pas le chiffon rouge des finances publiques et du défaut devant les agences de notation et devant l’opinion publique impunément» avance Jean-Pierre Petit.

Du coté de la zone euro, c’est l’incohérence, le manque de crédibilité des réponses apportées à la crise de la dette souveraine qui a sans aucun doute envenimé les choses. La réunion entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel lundi 15 août n’aura pas réussi à restaurer la confiance.
La question que les investisseurs se posent à présent est celle de savoir si l’on a atteint un point de non retour. La configuration actuelle est-elle si grave que l’on ne pourra pas inverser la tendance ?

Des autorités économiques et monétaires bien démunies


Les gouvernements semblent désarmés. L’épée de Damoclès constituée par l’immense dette cumulée ces dernières années leur laisse très peu de marge de manœuvre Ces gouvernements sont en effets censés réduire leur déficit en vue d’assainir les finances publiques. Les bouffées d’oxygène qui pourront être apportée seront minimes si ce n’est inexistantes.

Obama a annoncé cette semaine un plan de relance dès septembre prochain pour tenter de faire redémarrer la machine. «Le Président américain essaie de sortir un lapin de son chapeau avec comme formule magique un stimulus de la croissance par le biais d’un prolongement de crédits d’impôts sur l’emploi salarié en vue de favoriser l’embauche. C’est la politique menée par Reagan. C’est beau sur le papier mais dans la pratique cela ne fonctionne pas. Toute réduction d’impôt se traduit malheureusement par une accentuation des déficits» commente Michel Girardin, économiste chez Union Bancaire Privée.

Tous les espoirs sont reportés sur les banques centrales. D’aucuns tablent sur un Quantitative Easing 3 (une troisième phase d’assouplissement quantitative par le biais d’un rachat massif des titres du Trésor américain)E3 de la Fed d’ici la fin de l’année. La réunion à Jackson Hole (dans l'État du Wyoming aux États-Unis) qui devrait avoir lieu vendredi 26 aout à l’issue de laquelle Ben Bernanke pourrait prendre la parole sera en cela décisive. Néanmoins, les succès d’une telle politique, si elle devait bel et bien avoir lieu, ne sont pas garantis. « Nous observons, à mon sens, un échec flagrant de la politique d’assouplissement quantitatif de Monsieur Bernanke. Le fonctionnement de la planche à billet n’a pas servi à grand-chose. Le chômage n’a pas baissé. La croissance n’a pas été relancée. En revanche, les prix des matières premières ont flambé» observe Olivier Delamarche, président de Platinium Gestion.

Dans la zone euro, de plus en plus d’experts financiers entrevoient un virage à 180 degrés de la Banque centrale européenne avec une baisse des taux en 2012.
Ceci est néanmoins sans compter sur la résurgence de l’inflation qui pourrait dès lors réduire à néant les espoirs nourris. L' Allemagne a vu son inflation atteindre 2,4% en juillet, selon l'Office fédéral des statistiques, le plus haut niveau enregistré cette année.

C’est sur cet environnement dans lequel les leviers paraissent très faibles que les investisseurs portent un regard très inquiet. «Tout le monde a en tête le ralentissement d’activité violent suite à la faillite de Lehman. Les constructeurs automobiles et aéronautiques avaient cessé de commander aux équipementiers» explique Didier Roman, gérant chez Tocqueville Finance.

Une faible croissance des Etats-Unis, et de l’Europe supposeraient une forte correction des profits des entreprises. Le Japon ne sera pas d’un grand support. L’aide apportée par les grands pays émergents ne pourra être que limitée. D’après un stratégiste d’Exane à Londres, si le scénario d’une récession venait à se concrétiser, la croissance des bénéfices des entreprises occidentales viendrait à être révisée de près de 50%. Dans ce cas, les indices boursiers pourraient perdre encore 40% de leur valeur à partir de leur niveau actuel.

Ceci amène à penser que le jeu de massacre sur les titres boursiers est loin d’être terminé et ce que ce soit pour les cycliques (Arcelor aura reculé de 36% sur un mois) ou les défensives (Sanofi abandonne 14% sur un mois). Vers 14h30, le Cac 40 affiche une baisse de 2,30%. Sur un mois l’indice phare de la place parisienne a perdu près de 19%.

Selon certains, les poches de cash dans les fonds actions seraient en train de se garnir en vue de faire face à des remboursements massifs à la rentrée des vacances.



Imen Hazgui

Publié le 19 Août 2011

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Derniers commentairesAccès aux forums

sue a dit:

Le titre de l'article me fait bien rigoler. En économie, une récession est un phénomène de ralentissement du rythme de la croissance économique. Par cette définition, nous sommes actuellement et depuis quelque temps maintenant en récession. bien défini

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