La Bourse espagnole rebondit malgré Moody's
(Easybourse.com) La Bourse de Madrid se maintient dans le vert ce mercredi alors que l'agence Moody's a abaissé de deux crans la note de l'Espagne, privant le pays du statut d'émetteur de haute qualité.
Après l’avertissement lancé à la France, Moody’s a lourdement sanctionné l’Espagne ce mercredi. L’agence a abaissé de deux crans la note attribuée aux obligations d’Etat espagnoles, à Aa2 contre A1 précédemment. Il s’agit de la cinquième meilleure note sur l'échelle de Moody's, qui rétrograde le pays parmi les émetteurs solides mais susceptibles d'être affectés par des changements de la situation économique. Standard&Poor’s et Fitch considèrent encore l’Espagne comme un émetteur de haute qualité, et lui attribuent toutes deux un AA-, leur quatrième meilleure note.Moody's justifie sa décision par le fait qu'à ses yeux, «l'Espagne continue d'être vulnérable aux tensions sur les marchés», que sa croissance économique ne devrait atteindre que «1% au mieux» en 2012 (et non 1,8% comme elle le pensait jusque-là), et que cela «rendra encore plus difficile la réalisation des objectifs budgétaires ambitieux» du pays.
Pire, l’agence maintient sa perspective « négative », autrement dit menace d’abaisser encore la note du pays. Cependant, cette annonce ne semble pas émouvoir outre mesure les investisseurs. Vers 12h00, la Bourse de Madrid progresse de 0,83%, en ligne avec les autres places européennes, portée par les rumeurs d’une augmentation de la capacité du Fonds européen de stabilité financière (FESF).
Hier, l'Espagne a émis pour 4,6 milliards d'euros de bons à 12 et 18 mois, en maintenant des taux stables par rapport aux dernières émissions. Il n’est pas certain que la décision de Moody’s entraîne un durcissement des conditions de financement du pays, car elle était attendue et peut-être déjà intégrée par le marché. L’avenir du pays réside désormais autant dans sa capacité à tenir ses engagements budgétaires que dans celle des chefs d’Etat européens à mettre en place les instruments de refinancement tels que le FESF.
François Schott
Publié le 19 Octobre 2011





