Jamais aucun pays n’avait fait cela à ses créanciers. La Grèce, dont l’endettement public atteint 160% du PIB, s’apprête à demander une remise de dette de 107 milliards d’euros, soit un peu plus de la moitié de ce qu’elle a emprunté auprès des banques, assurances et autres hedge funds de la planète.

Le record en la matière était jusqu'ici détenu par l'Argentine, débitrice de 82 milliards de dollars (73 milliards d'euros environ au cours de l'époque) lorsqu'elle avait fait défaut, en janvier 2002. Dans le cas de la Grèce, il ne s'agit pas d'un défaut mais d'un montage complexe, basé sur le consentement des créanciers. Cela fait en effet des mois qu’Athènes négocie avec les établissements de crédit, en particulier français et allemands, pour alléger le poids de sa dette (350 milliards au total dont un peu plus de 200 milliards sont détenus par des créanciers privés). Un « plan d’échange volontaire » a été mis au point : il prévoit une division par deux de la valeur nominale des titres de dette (les fameux 107 milliards) et un allongement des échéances de remboursement sur le montant restant.