La Banque centrale européenne a promis hier de nouvelles mesures d’assouplissement monétaire pour enrayer la hausse de l’euro, qu’elle juge dangereuse pour l’économie européenne. « Dans une période où l'inflation est basse de manière prolongée, le renforcement de l'euro est une inquiétude sérieuse », a souligné Mario Draghi, ajoutant qu’il était « à l'aise pour agir la prochaine fois », autrement dit lors de la prochaine réunion de la BCE en juin. « Avant nous voulons voir les projections économiques qui seront publiées début juin », a précisé le président de la BCE.

Cette quasi-promesse est assez rare pour ne pas provoquer de réaction sur les marchés. Hier le CAC 40 a franchi le seuil des 4500 points pour la première fois depuis septembre 2008, tandis que l’euro est redescendu à 1,3840 dollar, contre près de 1,40 dollar avant les propos de M. Draghi. La monnaie unique recule encore ce vendredi à 1,3817 dollar.

Reste à savoir comment la BCE compte s’y prendre pour faire baisser durablement le niveau de l’euro. D’après les analystes cités par l’AFP, elle devrait commencer par abaisser son taux directeur (la baisse du taux directeur rend une monnaie moins attrayante pour les investisseurs spéculatifs) et placer le taux de facilité de dépôt (auquel les banques placent leurs surplus de liquidités auprès de la BCE pour 24 heures) en territoire négatif. Mais cela risque de ne pas suffire. De nombreux observateurs pensent que la Banque centrale européenne se lancera également dans un programme d’assouplissement quantitatif, en rachetant des dettes privées et publiques, à l’instar de ce qu’a fait la Fed ces dernières années. Le conseil des gouverneurs « est unanime dans son engagement à utiliser tous les instruments non conventionnels rentrant dans le champ de son mandat», a indiqué Mario Draghi hier. Une formule assez floue pour maintenir un brin de suspense.