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Grand emprunt et grand débat entre Juppé et Hollande
(Easybourse.com) Les étudiants de Paris Dauphine ont organisé une table ronde sur le thème du grand emprunt en réunissant de prestigieux orateurs: un ex-premier ministre, et l'ancien chef du parti socialiste, entre autres. Endettement, recherche, innovation, compétitivité... tous les sujets ont été abordés.
Cliquer ici pour visionner le reportage vidéo du débat, avec l'interview de François Hollande.
Laurent Batsch n’était pas peu fier d’ouvrir le nouveau débat organisé par l’association Dauphine Discussion Débat sur le thème, cette fois, du grand emprunt. Les étudiants de l’Université de Paris Dauphine avaient réussi à réunir un ex-premier ministre et un ténor de l’opposition socialiste : Alain Juppé et François Hollande. Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des Economistes, mais également professeur d’économie dans la dite université, faisait également parti des participants au débat. A noter également la présence d’Olivier Ferrand, président de Terra Nova, une fondation se présentant comme «progressiste, indépendante [et] ayant pour but de produire et diffuser des solutions politiques innovantes en France et en Europe». La table ronde était présidée par Yves Thréard, directeur adjoint de la rédaction du Figaro.
Les étudiants s’attendaient à un match haut en couleur entre MM Juppé et Hollande… Ils ont été un peu déçus. L’échange a été courtois, parfois même consensuel, hormis quelques petites phrases ironiques… Pour la forme !
Quand Alain Juppé défend l'emprunt...
Alain Juppé n’a pas dissimulé ses réserves initiales lorsqu’il lui a été demandé de mener une commission de réflexion sur un nouvel emprunt. «Encore un emprunt ?» se souvient-il, avant de le justifier au nom de l’amélioration de la compétitivité de la France, l’innovation et l’investissement. «Notre objectif était de ne pas dégrader la signature de la France» a répondu Alain Juppé en évoquant la polémique sur un emprunt à 100 milliards d’euros. «C’était une obsession» a-t-il ajouté, anticipant les critiques d’un François Hollande qui a fait du dérapage des comptes publics en France son nouveau cheval de bataille.
«La France en a-t-elle les moyens ?» a demandé l’ex-secrétaire nationale du Parti Socialiste devant le parterre d’étudiants, à la manière d’un examen. «Nous sommes arrivés au point limite, la Cour des Comptes l’a dit, la situation était déjà délicate avant la crise» a-t-il expliqué. François Hollande s’inquiète du «rythme de croissance de l’endettement de l’Etat français». Pour dramatiser un peu plus, le député de Corrèze n’a pas hésité à jouer les Cassandre : «les charges des intérêts vont devenir le premier poste de dépenses de l’Etat (…) la France va au-devant de la défiance des marchés». Une manière de faire une référence à la situation de la Grèce dont la note souveraine a été dégradée par les agences de rating, provoquant une crise financière sans précédent à Athènes.
Une réflexion pédagogique sur l'avenir de la France
Pour Jean-Hervé Lorenzi, l’issue de la crise avec ses plans de relance et son grand emprunt aboutira fatalement à une hausse des impôts. Pour le professeur d’économie, membre du conseil d’analyse économique, la France doit trouver 100 milliards d’euros d’investissements pour revenir au niveau de compétitivité d’il y a une dizaine d’années. D’après lui, le grand emprunt a au moins eu l’avantage de mener une réflexion pédagogique sur l’avenir de la France.
Rapidement, le débat s’est tourné vers la question de la recherche et de l’enseignement supérieur et les participants étaient unanimes pour pointer du doigt les insuffisances de la France en la matière. Alain Juppé a rappelé l’accent qui a été mis sur ce volet par son rapport. Ainsi, sur les 35 milliards d’euros du grand emprunt, près de 16 milliards d’euros seront consacrés à l’enseignement supérieur, dont deux milliards à la recherche. Pour résumer leur démarche, Alain Juppé a déclaré : «la recherche, c’est mettre beaucoup d’argent pour trouver des idées et l’innovation, c’est prendre des idées pour faire de l’argent, c’est sur ce dernier point que nous ne sommes pas très bons en France».
Mobiliser l'épargne pour investir dans la recherche
Pour François Hollande, l’Etat doit être capable de mieux mobiliser l’épargne pour l’affecter à l’investissement. La France souffre d’une situation de sous-investissement qui impacte la Recherche et Développement. Il a proposé de créer un organisme qui serait capable de canaliser et orienter cette épargne disponible.
Olivier Ferrand n’est pas en reste sur le débat. Il a estimé qu’il manquait 1,5% de PIB pour que les universités françaises se mettent au niveau des Etats-Unis, soit 30 milliards d’euros par an. «L’emprunt de 35 milliards d’euros, il devrait avoir lieu tous les ans» a-t-il ainsi conclu.
Nabil Bourassi
Cliquer ici pour visionner le reportage vidéo du débat, avec l'interview de François Hollande.
Publié le 23 Février 2010







