Les Etats-Unis menacés par leur marché immobilier jusqu'en 2013
(Easybourse.com) Si la conjoncture américaine redémarrage, pour autant les déséquilibres ne sont pas purgés. Les problèmes de fond n'ont pas été réglés. De nombreux risques peuvent faire encore pencher la balance dans l'autre sens.
À lire dans ce dossier.
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Interview
Cyriaque Dailland
Analyste gérant
Convictions AM
Une explosion des prix du baril impacterait la consommation américaine encore très fragile et amènerait à une baisse des perspectives des profits des entreprises
Par ailleurs, le marché américain est très compétitif avec d’autres marchés et de ce fait les entreprises ont plus tendance à réduire leur marge qu’à impacter directement sur leurs prix de vente. Au final les 15% de bénéfices escomptés pourrait ne pas avoir lieu.
Au-delà, la composante « emploi » pourrait également être source de déception. Anticiper un taux de chômage à 8% ne suffit pas. Beaucoup de travailleurs aux Etats-Unis ne vont plus s’inscrire au chômage. Nous serions en réalité sur un taux bien plus élevé que 9%. Un chiffre de 17% est avancé. «Et pour l’instant les créations d’emplois pour une phase de reprise économique sont très inférieures à ce que l’on peut connaitre dans des cycles normaux» remarque Yves Maillot.
Un autre point préoccupant pourrait être l’augmentation des taux américains. La problématique est connue du marché. Nous avons affaire à des pays émergents qui n’ont quasiment pas de problème de dette. Nous avons une
Un autre point préoccupant pourrait être l’augmentation des taux américains 
De l’autre côté, les Etats-Unis ont un endettement de plus de 10% du PIB. «On a l’impression qu’Obama n’est pas en train de régler le problème. Il continue à mettre en place des aides. In fine l’endettement américain ne baisse pas. Si le marché commence à penser que les Etats-Unis ne seront pas en mesure de prendre les choses en main, on n’est pas à l’abri d’une hausse des taux incontrôlable» signale Cyriaque Dailland, analyste gérant au sein de Convictions AM.
On a d’ailleurs pu observer que malgré son quantitative easing, les taux longs ont augmenté. Ils sont actuellement à 3,44. Le seuil fatidique à ne pas dépasser est de 4%. «Il faut que les taux restent en dessous de 4% pour que la construction de la croissance américaine reste stable. Des taux longs au dessus de 4%, alors qu’il y a une volonté affichée de maintenir les taux bas, enlèverait de la crédibilité à l’action de la Fed. On risquerait d’avoir une défiance contre la légitimité de la banque centrale américaine» met en garde Cyriaque Dailland
Les agences de notation américaines ont dernièrement annoncé maintenir la notation triple A des Etats-Unis mais sous condition. Or, le principal facteur qui pourrait expliquer une dégradation de la note serait une hausse des taux américains. «Nous aurions un effet autoréalisateur. Si les Etats-Unis sont obligés de s’endetter à un niveau élevé pour financer leur déficit, il y aurait un effet boule de neige» souligne Cyriaque Dailland.
Un des points à surveiller sera la reconduite du paquet fiscal en 2012 
D’autres signaux d’alarme
Depuis le début de l’année, deux signaux d’alarme ont été tirés. Le premier intéresse le marché de l’immobilier avec notamment la problématique des saisies immobilières. Le second concerne les difficultés rencontrées dans le segment des obligations municipales américaines.
S’agissant de l’immobilier, il y a lieu de distinguer l’immobilier commercial et l’immobilier résidentiel, estime Cyriaque Daillant. «L’immobilier commercial est en phase de stabilisation, et en train de se reprendre légèrement. S’agissant de l’immobilier résidentiel, nous pensons avoir atteint un plancher. Il y aura probablement encore des remous en raison des saisies. S’il y a de la
La reprise réelle du marché immobilier pourrait avoir lieu fin 2012, 2013
Il y a tout un stock de maisons qui est en train de disparaitre. Typiquement, beaucoup de maisons ont été construites en bois, ont été délaissées, et ne sont plus en état d’être habitées. Nous pensons que la reprise réelle du marché immobilier pourrait avoir lieu fin 2012, 2013».
Pour ce qui est du problème lié aux obligations municipales américaines, l’alerte a tout d’abord été donnée dans le cadre d’une enquête de Reuters en
Le CEO de Moody’s a récemment donné l'alerte sur les obligations municipales américaines 
Les intervenants sur le marché se veulent cependant moins inquiets. «Je ne pense pas que les difficultés rencontrées sur ces obligations pourraient conduire à un risque systémique. D’une part, la valeur de ces instruments a plutôt eu tendance à remonter depuis janvier. Pimco qui est un des gérants historiques sur ce compartiment continue d’être positif en raison des opportunités existantes.
Ensuite, nous sommes d’avis qu’une crise prévue arrive rarement. Ce compartiment est très surveillé. Les leçons ont été tirées de la crise des subprimes. S’il y a vraiment un problème, l’Etat fédéral n’hésitera pas à intervenir, pour apporter sa garantie et permettre d’assainir la situation».
Imen Hazgui
Publié le 24 Février 2011





