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Grèce : -100 milliards, et ça repart ?

Grèce : -100 milliards, et ça repart ?

(Easybourse.com) La Grèce vient d'éviter la faillite grâce à un effort sans précédent de ses créanciers privés, mais le pays pourrait mettre plus d'une décennie à retrouver la confiance des marchés. Pour l'heure, la récession risque d'alourdir la dette et pourrait rendre nécessaire un nouveau soutien européen.

Interview de Céline Antonin

Interview

Céline Antonin
Economiste
OFCE

Au bout du suspense, la Grèce a annoncé vendredi 9 mars le succès de son plan d’échange volontaire de dette, 85% de ses créanciers en ayant accepté les conditions. Ce plan prévoit l’effacement de plus de 100 milliards d’euros de créances, soit la moitié de ce qu’Athènes avait emprunté auprès des banques, assureurs et autres fonds d’investissements.

Jamais un pays n’avait réussi une telle « prouesse » : le record en la matière était jusqu'ici détenu par l'Argentine, débitrice de 82 milliards de dollars (73 milliards d'euros environ au cours de l'époque) lorsqu'elle avait fait défaut, en janvier 2002. Toutefois, dans le cas grec, il s’agit d’un « défaut ordonné » issu d’une négociation avec ses créanciers.

Concrètement, en échange d'une obligation d'un montant initial de 100, Athènes remet à ses créanciers des titres d'une valeur de 46,5. Ils reçoivent ainsi de nouvelles obligations dont la valeur faciale sera inférieure de 53,5% aux anciens. Mais compte tenu de l’allongement parallèle de la durée de remboursement, la perte pour les créanciers privés détenteurs d’obligations de droit grec s’élève à environ 74% du montant initial.

Deuxième plan de sauvetage

Face à ces pertes, l'Isda (International Swaps and Derivatives Association) a décidé de faire jouer les « credit default swaps », autrement dit les assurances en cas de défaut de paiement d’un pays. Le montant des CDS à payer par le secteur bancaire est estimé à 2,3 milliards d'euros. Certaines banques pourraient y gagner, tandis que d’autres pourraient voir leur facture liée à la Grèce s’alourdir. Un moindre mal selon les dirigeants européens qui se sont tous félicités du succès de l’échange de dette.

Il y a des chances pour qu'il faille débloquer un nouveau plan d'aide


Dans la foulée de la restructuration de la dette privée, les ministres des finances de la zone euro ont annoncé le déblocage d’un prêt de 130 milliards d’euros en faveur d’Athènes, censé couvrir les besoins de financement du pays jusqu’en 2015. « L’enveloppe de 130 milliards d’euros débloquée par l’UE et le FMI servira essentiellement à recapitaliser les banques grecques et à combler le déficit public », explique Céline Antonin, économiste à l’OFCE et spécialiste de la zone euro (voir son interview). Mais « si le pays n’a pas retrouvé de croissance à un horizon de deux ans, il y a des chances pour qu’il faille débloquer un nouveau plan d’aide ».

Les inquiétudes de l’UE et du FMI

Or, c’est justement l’absence de perspectives de croissance qui inquiète les économistes. Au quatrième trimestre 2011, le PIB grec a plongé de 7,5% sur un an, victime d’une contraction de la consommation et du commerce extérieur. Sur l’ensemble de l’année écoulée, la récession pourrait avoir atteint 7%. Les prévisions pour 2012 restent négatives, compte tenu des mesures drastiques d’économie imposées par l’Union européenne et le FMI. Ces derniers ne s’en cachent pas : les chances de voir la Grèce retourner sur les marchés à la fin du programme d’aide, c’est-à-dire en 2015, sont « incertaines ».

La Grèce devra s'en tenir à de bonnes politiques jusqu'en 2030



En effet, l’endettement du pays devrait continuer à progresser au cours des prochaines années pour atteindre 164% du PIB en 2013 avant que les mesures d'assainissement budgétaire et les privatisations portent leurs fruits. « Selon un scénario de base, le ratio de la dette devrait passer sous les 117% du PIB en 2020 et continuera de diminuer pour passer sous les 90% en 2030 », prédit la troïka (Commission européenne, BCE, FMI) dans son dernier rapport, ajoutant qu’ « il existe des risques significatifs que la baisse de la dette soit interrompue ou même qu'une inversion se produise sous l'effet de chocs » économiques.

Ainsi, dans un scénario plus pessimiste également présenté dans le rapport, l'endettement de la Grèce pourrait dépasser 145% du PIB en 2020... D’où cet avertissement lancé aux prochaines générations de dirigeants grecs : « La Grèce devra s'en tenir à de bonnes politiques jusqu'en 2030 pour faire baisser son ratio d'endettement à moins de 100% du PIB ». Athènes a peut-être remporté une bataille, mais ses créanciers, à commencer par les Etats européens, n’ont plus l’intention de lui faire de cadeau.


François Schott

Publié le 14 Mars 2012

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