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Les lacunes des assurances face au risque terroriste

Les lacunes des assurances face au risque terroriste

(Easybourse.com) Cinq ans après le 11-Septembre, le terrorisme reste un défi pour le monde de l’assurance. Ce risque, toujours imprévisible, est plus difficile à couvrir que bien d’autres catastrophes (cyclones, séismes, etc.). Si elle s’est améliorée, la modélisation du risque terroriste ne rend pas l’occurrence d’attaques futures plus prévisibles. Elle est aussi plus subjective et moins fiable que la modélisation d’autres grands risques.

Les marchés privés de l’assurance ne seraient pas capables de couvrir l’intégralité des pertes «extrêmement lourdes» que pourraient causer de futures attaques terroristes. Telle est l’une des conclusions du rapport «assurance du risque terroriste» (juillet 2005) de l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE).

Selon l’organisme international, « quatre ans après les attaques terroristes qui ont frappé les Etats-Unis – le désastre le plus coûteux de l’histoire de l’assurance – […], d’importantes lacunes subsistent dans la couverture de ce risque, qui pourraient être révélées par une attaque de grande ampleur ».

Par exemple, le taux de souscription de l’assurance contre le terrorisme reste faible dans un certain nombre de pays. Aux Etats-Unis, près de la moitié des entreprises étaient, fin 2004, assurées contre ce risque, alors qu’en Allemagne, à la même époque, seules trois entreprises éligibles sur cent étaient couvertes par le système de compensation du terrorisme.

L’OCDE s’inquiète également du fait que les estimations de pertes maximales résultant d’une attaque terroriste vont de 50 à 250 milliards de dollars (39 à 195 milliards d’euros), en deçà des dommages que pourrait infliger un acte d’ « hyperterrorisme ». « Les dommages en cas d’attaque terroriste massive peuvent à l’heure actuelle surpasser la capacité de l’assurance et de la réassurance privées, dans l’impossibilité de tarifer et de couvrir seules ces risques », note l’organisation.

Plus grave encore. « Les actes d’hyperterrorisme peuvent infliger des dommages dépassant, dans certains pays, la capacité conjointe des marchés privés et des pouvoirs publics à les indemniser, sauf à mettre en péril la stabilité économique nationale ».

Malgré ce constat, l’OCDE constate néanmoins que les « conditions sur les marchés de l’assurance contre le terrorisme se sont améliorées ». L’établissement de partenariats public-privé – comme aux Etats-Unis, en France, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Australie, en Espagne, aux Pays-Bas – et le partage des risques entre plusieurs piliers – par exemple assurés, assureurs, réassurances, pool de coréassurance et Etat en dernier ressort – « se sont avérés très efficaces pour stabiliser les marchés suite à des attaques terroristes de grande ampleur ou de grande fréquence ».

Augmentation des primes et réduction des garanties

De son côté, le cabinet français d’analyses économiques Asterès constate que « face à la montée du risque terroriste, les sociétés d’assurance ont tendance à augmenter leurs primes et à réduire leurs garanties ».

Rien que concernant la branche «vie», le groupe de réassurance Scor explique dans un rapport intitulé « Les incidences des attentats du 11 septembre » que « la raréfaction, voire la quasi-disparition, des capacités en réassurance et en rétrocession des couvertures en cas d’événement catastrophique a conduit à une augmentation très forte de leur prix ».

Après de telles catastrophes, les assureurs et réassureurs évaluent leurs nouvelles capacités de rétention, et aboutissent souvent à un besoin accru en protection contre des événements catastrophiques, notamment pour leurs portefeuilles groupe. Dans le même temps, réassureurs et rétrocessionnaires réduisent leur capacité. Ainsi, après les attentats du 11 septembre 2001, de nombreux rétrocessionnaires se sont retirés des couvertures catastrophe Vie (décès et santé). De nouveaux acteurs sont apparus, mais n’offrent que de petits montants de capacité, avec une augmentation de 1 000 à 2 000 % des prix. Ainsi le prix des couvertures catastrophe a été multiplié par dix aux Etats-Unis et au Canada, par deux en Europe.
Les prix des autres couvertures non proportionnelles, le stop loss par exemple, ont également fortement augmenté. L’augmentation du prix des couvertures catastrophes résulte également de l’ajustement au risque réel.

Conséquence : «le risque auquel les entreprises font face est bien moins mutualisé, ce qui peut gêner leurs politiques d’investissements, notamment d’implantation à l’étranger», indique Astérès.

Pour autant, « il semble que les politiques économiques gèrent de mieux en mieux ce risque », estime Asterès.
Et d’expliquer qu’« à la suite des attentats du 11 septembre, la Fed a injecté des doses massives de liquidités dans le système financier ». Le Congrès, pour sa part, a « débloqué 40 milliards de dollars (31,3 milliards d’euros) de dépenses d’urgence ».

Il en résulte que la demande globale ne s’est pas effondrée et que la croissance économique a pu rebondir dès le quatrième trimestre 2001.



florian

Publié le 18 Août 2006

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