Réseaux: un accélérateur de réussite
(Easybourse.com) Les réseaux ont la cote. Chacun cultive ses relations, du grand patron à l’élève de sixième inscrit sur Internet à la recherche de copains du primaire. Pourquoi un tel engouement pour les réseaux ? Parce qu’ils donnent l’occasion d’enrichir sa vie personnelle et surtout professionnelle.
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Interview
Jacques Seydoux
membre du conseil d’administration
cercle MBC
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Interview
Bernard Marois
président
Club Finance HEC
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Interview
Diaa Elyaacoubi et Bernard Ochs
président et vice-président
club Esprits d’Entreprises
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Interview
Gaëtan Chauderlot
secrétaire général
Cercle La Bulle
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Interview
Anne de la Forest
Cercle européen
Cercle européen
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Interview
Frédérique Clavel
présidente fondatrice
Paris Pionnières
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Interview
Christian de Turckheim
directeur des relations publiques
restaurant Maxim's
«Attention, pour être admis aux salons du club, cravate de rigueur pour les hommes» : telle est la précaution indiquée sur le carton d’invitation à une conférence organisée par un club privé de la capitale. L’objet de cette invitation ? Un débat sur le capital-risque, suivi d’un cocktail !
Les cocktails déjeunatoires ou dinatoires : voilà la raison d’être des clubs. En effet, c’est lors de ces moments plus privés que se nouent les relations et que s’échangent les cartes de visite. L’objectif de ceux qui font le déplacement ? Des raisons personnelles ou professionnelles.
«Présente-toi, fais un effort, …», dit une mère de famille à son fils de 15 ans vêtu, pour l’occasion, d’un blaser et d’une cravate, et venu assister en compagnie de ses parents à un déjeuner organisé par un club parisien. A l’origine de l’insistance de cette mère ? Son fils est à la recherche d’un stage !
Le réseau constitue en effet un puissant accélérateur de carrière et un filet de sécurité en cas de chute… ce qui justifie que certains adhérents payent jusqu’à 6 400 euros de cotisation.
Entre cooptation et gros chèques
L’entrée dans un club se fait dans la majorité des cas par cooptation. Ainsi, l’adhésion au club Wine & Business Club «est exclusivement corporate. Il est nécessaire de recueillir les suffrages de deux parrains, outre le paiement des droits d’entrée au club», précise le site Internet du club présidé par Alain Marty.
Il est important de faire la distinction entre club, think-tank et lobby. Le deuxième (littéralement « réservoir de pensée ») est un cercle de réflexion émettant des idées dans le domaine des sciences sociales en vue de faire des propositions de politique publique. «Le think-tank ne poursuit pas des intérêts économiques étroits mais cherche à faire advenir des idées neuves pour faire avancer le pays/la société», précise Philippe Manière, le directeur de l’'institut Montaigne, dans une interview accordée en mai dernier au Journal du management. A contrario, les lobbies ont pour vocation de représenter les intérêts d’une entreprise ou d’un même groupe de personnes, et non ceux de la société.
La puissance d’un réseau s’apprécie au nombre de personnes qu’il permet de toucher, directement et indirectement, et à son ouverture internationale. Mais «ce qui importe en réalité, c’est qui [on peut] toucher, comment et dans quel but», souligne Vincent Morel, responsable du Club Business 75.
Aujourd’hui, le Cercle MBC, anciennement Maxim's Business Club, est certainement le plus puissant organisateur d'évènements ludiques sur la France et Genève avec 850 membres, dont 200 à l'étranger. Mais en cas d’insuffisance du nombre d’invités, les clubs n’hésitent plus à organiser conjointement certains événements. Force est de constater que les conférences-débats organisés par plusieurs clubs se multiplient et que certains réseaux sont coutumiers de cette pratique. Motif invoqué: donner plus de prestige à la manifestation et non pas compenser un faible nombre d’adhérents.

Incontournable dans le secteur des clubs : le Wine & Business Club dirigé par Alain Marty, qui est également l’éditeur d'un annuaire, sorte de bible des cercles et clubs. Côté classification, il est possible de répartir les clubs en fonction de leur affiliation à de grandes écoles ou encore parce qu’ils rassemblent des membres partageant les mêmes passions, comme la fête, le vin, la finance ou la politique.
A chacun son club
Parmi les clubs des grandes écoles, on retrouve celui de la Harvard Business School, club très fermé, de haut niveau, au tutoiement de bon aloi, où les non « alumni », c’est-à-dire ceux n’ayant pas fréquenté l’école, peuvent être invités, même s’ils ne seront jamais vraiment considérés comme des membres à part entière. Autres clubs : le Stanford Business Club où les non « alumni » n’ayant pas suivi la formation MBA, pourtant recommandée pour valider un parcours et se former au management, sont également admis, l’« X » sursaut, fermé aux non Polytechniciens, le MIT Club de France beaucoup plus discret voire secret, ou encore la fondation HEC, très élitiste et à laquelle les grands patrons n’hésitent plus à signer de beaux chèques afin de pouvoir toucher les élèves et recruter leur future main d’œuvre. Henri de Castries, le président du directoire d’AXA, a ainsi fait une belle donation de 300 000 euros.
CroissancePlus est le plus connu des clubs réunissant les chefs d’entreprises. Il est présidé par Edith Henrion d'Aubert et Geoffroy Roux de Bézieux, actuel dirigeant de Virgin Mobile. Souvent reçu directement au sein des ministères, le président du club peut se targuer d'un nombre important d'entreprises membres. Son jeune frère, le club Esprits d'Entreprise, plus difficile d'accès dans la mesure où il faut appartenir à l'état-major de l'entreprise ou en être son fondateur, est dirigé par Diaa Elyaacoubi et Bernard Ochs. Succès oblige, le club a récemment été obligé de refuser des participants.
Si vous êtes un adepte de la finance, le Centre national des professions financières anime au total douze clubs, qui seront bientôt fusionnés dans un seul. «La cotisation est raisonnable et le retour intellectuel sur investissement réel», précise un des membres du Club Finance HEC dirigé par Bernard Marois. Dans la série des clubs internationaux, l'Institut français des relations internationales (IFRI) remporte la palme à la fois «pour son prix et pour sa qualité. On peut se retrouver autour d'une petite table conviviale avec les plus grands spécialistes économiques du pétrole et être obligé de converser dans la langue de Shakespeare», confie un adhérent du club.
Parmi les clubs mondains recevant les politiques du moment, le Siècle, le Club des Cent et le Cercle de la Revue des Deux Mondes animé par l'homme d'affaire Marc Ladreit de Lacharrière se distinguent. «Les dîners réguliers sont onéreux, ce qui limite les invitations. L'organisation stricte et parfaite permet de passer une excellente soirée, qui dépend également de votre voisinage immédiat de table et de la langue de bois du ministre orateur», «la sélection des invités est rigoureuse pour conserver une ambiance propre à recevoir un chef d'état sans animosité», précise un adhérent de ce dernier club.
Enfin, contrairement aux idées reçues, les clubs d'appartenance politique de droite sont plus nombreux. Les derniers en date : Dialogue et Initiative de Jean-Pierre Raffarin, Nouvelle République tenu par l'ancien ministre des affaires étrangères Michel Barnier, ou encore Désirs d'Avenir monté par Thomas Hollande pour le compte d'une certaine présidentiable ….
C.P.
Publié le 31 Octobre 2006





